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Algérie

Violence sociale à Diar Echems

par  RFI

Article publié le 22/10/2009 Dernière mise à jour le 23/10/2009 à 09:28 TU

En début de semaine et durant deux jours, des affrontements ont opposé forces de l’ordre et jeunes de la cité d’El Madania, une banlieue populaire de la capitale. Les jeunes, dont la plupart résident dans les bidonvilles de ce quartier, protestent contre la décision des autorités de détruire les baraques en tôle, construite sur un vieux stade désaffecté. Bilan de ces émeutes : une dizaine de personnes blessées, dont sept policiers, et trente arrestations. Un calme relatif est revenu dans l’attente d’une rencontre entre les représentants de la cité et le wali (préfet). L’Algérie est confrontée depuis des années à ce mal endémique que constitue le logement.

Diar Echems, le 20 août 2009.(Photo : Reuters)

Diar Echems, le 20 août 2009.
(Photo : Reuters)

 
La cité Diar Echems, des tours de 1 500 logements construites en 1958 et qui comptent aujourd’hui 15 000 habitants. En moyenne, dix personnes vivent donc dans chaque appartement de une ou deux pièces. Certains s’entassent à 14 dans 27m². Une promiscuité difficile à vivre au quotidien, comme en témoigne cette femme : « Déjà ils ne peuvent même pas rester dans leur maison. Quand ils ressortent, qu’est-ce qu’il y a dehors ? La délinquance, la drogue, les vols à la tire…  Des jeunes de 40 ans ne sont même pas mariés. Les filles aussi ne le sont pas. Tout simplement par manque cruel d’appartements ».

Ces deux dernières années, des baraques ont poussé comme des champignons entre les immeubles. Elles sont environ 200 aujourd’hui, c'est la seule solution pour gagner de la place et désengorger un peu les appartements. Car toutes les démarches des habitants effectuées pour obtenir un logement ailleurs ont échoué.

Certains ont déposé des demandes depuis plus de 10 ans sans jamais obtenir de réponse. C'est la faute à la corruption selon Samir, un des représentants de la cité : « La dernière fois, il y avait quatre-vingts logements dans tout le quartier. Les autorités n’ont distribué que trois appartements. Est-ce logique ? Qu’en est-il pour le reste ? On ne le sait pas. Ils ont probablement été distribués grâce au dessous de table. En tant qu’habitants de la cité, nous n’en avons jamais bénéficié. A plusieurs reprises, on est allé pour exposer ce problème mais on n’est pas écouté.  Alors …c’est bon ».

La violence est pour eux l’ultime moyen de se faire entendre. En réponse, les autorités affirment que des travaux de réfection sont au programme, mais qu’il faut détruire les bidonvilles rapidement. Les habitants, eux, promettent que si des logements ne sont pas proposés aux familles, les émeutes vont continuer.

 A voir sur France 24

 
Diar Echems, un bidonville au cœur d'Alger

 
A lire aussi :

La revue de presse Afrique de RFI (22 octobre 2009)

Le journal algérien El Watan

Le site d'Alain Bertho, professeur d'anthropologie à l'Université de Paris8-Saint-Denis

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