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Uruguay

Les Uruguayens ont rendez-vous avec les urnes

Article publié le 25/10/2009 Dernière mise à jour le 25/10/2009 à 08:16 TU

Deux millions et demi d’Uruguayens votent ce dimanche, pour élire un ticket présidentiel, des députés et des sénateurs. Ils doivent également se prononcer sur deux référendums, dont l’un propose d’annuler la loi d’amnistie dont ont bénéficié les militaires après la dictature des années 70. Cinq candidats sont en lice pour le scrutin présidentiel et le deuxième tour est prévu le 29 novembre.

Avec notre envoyé spécial à Montevideo, Jean-Louis Buchet

José Mujica, candidat du Frente amplio, la coalition actuellement au pouvoir et grand favori.( Photo : Andres Stapff/ Reuters)

José Mujica, candidat du Frente amplio, la coalition actuellement au pouvoir et grand favori.
( Photo : Andres Stapff/ Reuters)

 

Le grand favori est José Mujica, le candidat du Frente amplio, la coalition de gauche actuellement au pouvoir. Ancien guérillero, soutenu par le parti communiste et les formations les plus à gauche de la coalition, José Mujica, dont l’accent et le langage révèlent les origines populaires, porte l’espérance des plus humbles, qui voient en lui non seulement le continuateur du président sortant, Tabaré Vázquez -dont le bilan social est appréciable-, mais aussi un homme dont ils se sentent proches.

Malgré son âge – 74 ans – Mujica est également apprécié par les jeunes. Les derniers sondages lui accordaient une large avance, mais semblaient exclure une victoire dès le premier tour. Il était crédité de 46% des intentions de vote en moyenne.

Le principal adversaire de Mujica est Luis Alberto Lacalle, le candidat du Parti national ou Blanco. Ancien président, âgé de 68 ans, Alberto Lacalle a fait une campagne honnête, sans beaucoup de propositions. Il a mis l'accent sur l’insécurité, une question qui commence à préoccuper les Uruguayens, et sur l’imprévisibilité du candidat de gauche.

Si ce dernier sent bon l’Uruguay profond et rural, Lacalle, lui, a une propriété d’origine familiale à la campagne. Les sondages le donnent à 16 points derrière Mujica. Un écart difficile à combler, même si, comme le dit Luis Lacalle, un second tour est toujours une nouvelle élection. 

Référendum sur la loi de caducité

La loi de caducité n'est pas vraiment une loi d'amnistie, mais c'est ainsi qu'elle a longtemps été perçue. Elle a été votée en 1986 au retour d'une démocratie qui ne se sentait pas encore très solide sur ses bases. L'armée venait de transférer le pouvoir qu'elle détenait depuis douze ans, mais elle défiait la justice, saisie par les proches de plus de 200 disparus. Pour éviter la crise, le nouveau Parlement élu a alors adopté une loi qui conditionnait les poursuites contre policiers et militaires à un accord préalable de l'exécutif.

Il faudra attendre 2005, et l'élection d'un homme de gauche, Tabaré Vasquez, pour la première fois élu à la tête de l'Etat pour que l'exécutif autorise de telles poursuites.

Résultat, l'ex-président des années de plomb Gregorio Alvarez vient d'être condamné à 25 ans de prison, et son prédécesseur Juan Maria Bordaberry est en attente de jugement. Mais la survie de la loi elle-même restait insupportable aux victimes ; une pétition demandant son annulation a donc obtenu le nombre de signatures suffisantes pour que le référendum de ce dimanche soit organisé.

Il se déroule sous de bons auspices, car, d'une part, la Cour suprême a jugé il y a quelques jours cette loi inconstitutionnelle, et d'autre part le favori du scrutin présidentiel n'est autre qu'un ancien chef tupamaro José Mujica, issu de cette même guérilla que combattait la dictature. (RFI)