Guinée-Bissau - 
Article publié le : lundi 19 avril 2010 - Dernière modification le : dimanche 10 octobre 2010

Le nouvel homme fort de l'armée de Guinée-Bissau se justifie

Malam Bacai Sanha (d), président de Guinée-Bissau, et le Premier ministre, Carlos Gomes Junior, lors d'une visite dans un quartier de la périphérie de Bissau, en janvier 2010.
Malam Bacai Sanha (d), président de Guinée-Bissau, et le Premier ministre, Carlos Gomes Junior, lors d'une visite dans un quartier de la périphérie de Bissau, en janvier 2010.
Abdurahamane Turé

Par RFI

Le nouvel homme fort de l'armée bissau-guinéenne, le général Antonio Indjai, a justifié son coup de force qui l'a mené le 1er avril à renverser le chef d'état-major, le général Zamora Induta, en expliquant que celui-ci menait le pays au « chaos » et gérait l'armée comme « une propriété privée ». Antonio Indjai a envoyé une lettre à la justice bissau-guinéenne pour expliquer son geste, condamné par la communauté internationale.

A en croire Antonio Indjai, le nouvel homme fort de l'armée bissau-guinéenne, le général Zamora Induta se servait dans les caisses de l'armée et gérait l'institution comme sa propre entreprise. Selon Antonio Indjai, Induta conduisait donc le pays au « chaos » et c'est pour cela qu'il l'a renversé début avril.

Mais s'il éprouve aujourd'hui le besoin de se justifier par courrier adressé à la justice bissau-guinéenne, c'est sans doute moins pour édifier la nation que pour contrer les pressions internationales et notamment portugaises. Lisbonne, qui voyait en Zamora Induta un allié fidèle, réclame sa libération et les médias portugais relaient régulièrement les accusations de torture que subirait Zamora Induta entre les mains des soldats du camp de Mansoa.

En arrière-plan, se poursuit une lutte d'influence au plus haut sommet de l'Etat. Carlos Gomes, le Premier ministre, et Malam Bacai Sanha, le président, sont à couteaux tirés.

Carlos Gomes appuyait son autorité sur Zamora Induta et son arrestation l'a considérablement affaibli. Malam Bacai Sanha, quant à lui, se méfie d'une armée qui manifestement ne défend plus que ses intérêts.

Cette armée, désormais aux mains d'un groupe d'officiers proches du redouté Bubu Natchu, est plus que jamais en position de force. Les menaces et les pressions extérieures ont pu empêcher l'élimination physique du Premier ministre, le 1er avril dernier, mais, à Bissau, chacun se demande si ces pressions suffiront à l'avenir.

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