L'Union européenne va suspendre son aide au développement à Madagascar


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L'UE a décidé jeudi 3 juin de suspendre son aide au développement à Madagascar, en raison de l'absence de progrès démocratiques depuis l'arrivée au pouvoir d'Andry Rajoelina en mars 2009. Cette décision a fait l'objet d'un accord de principe des ambassadeurs de l'UE mais elle ne sera formellement avalisée que lundi 7 juin. La mesure n'affecte cependant pas l'action humanitaire européenne dans ce pays. Les mesures décidées resteront en vigueur pendant douze mois.

Avec notre bureau de Bruxelles,

L’Union européenne avait poursuivi au-delà des trois mois réglementaires ses consultations avec Madagascar, ouvertes en juillet dernier, car elle voulait laisser le temps aux autorités de facto de mettre en œuvre les accords signés à Maputo avec les différents groupes politiques.

Aujourd’hui, non seulement ces accords ne sont pas mis en œuvre, mais le régime Rajoelina a lancé un processus de transition unilatérale, contraire à tout esprit d’ouverture et de dialogue. « C’est inacceptable », soulignent les Européens qui s’apprêtent à prendre une décision forte.

Les Vingt-Sept ont préparé une liste de sanctions. Elles seront officiellement adoptées le lundi 7 juin. Ces mesures comprennent la coupure de l’aide budgétaire européenne au gouvernement malgache et l’arrêt de tout nouveau financement au titre du 10e FED (Fonds européen de développement).

Seule l’aide humanitaire sera poursuivie. Les sanctions sont prévues pour une durée de douze mois et ne seront levées qu’après un retour à l’ordre constitutionnel et un compromis négocié entre toutes les parties pour sortir de la crise.

La crise que traverse Madagascar depuis l'année dernière a déjà des conséquences catastrophiques. Selon l'OCDE et la Banque africaine de développement, le taux de croissance du Produit intérieur brut a été négatif en 2009 (-4,5%). Et le gel des aides à un pays très dépendant des financements extérieurs réduit d'autant plus les persectives de rebond de l'économie.