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Shosholoza à la gloire des Bafana Bafana

Shosholoza est l’hymne des Bafana Bafana, l’équipe nationale de football d’Afrique du Sud. Il retentira dans les gradins lors du match d’ouverture entre l’Afrique du Sud et le Mexique à Soccer city. Shosholoza, la chanson des supporters des Bafana Bafana s’entonne dans un contexte, dans une ambiance et s’exécute selon des codes, tel un rituel.
En Afrique du Sud, les supporters de foot consacrent la majeure partie d’un match à souffler dans leurs trompettes Vuvuzellas. Mais ils marquent toujours une pause pour entonner en chœur Shosholoza. Ils battent alors la mesure en agitant d’avant en arrière leurs Vuvuzellas. Le chant s’élève dans les gradins lorsque la situation sur le terrain est tendue, et que le match peut basculer, comme l’explique Msizi, un fan des Bafanas Bafanas. « Ça veut dire « allez, on pousse, allez de l’avant ! C’est un appel à la victoire, c’est un état d’esprit aussi, Shosholoza : faire le maximum pour arriver au succès et donc marquer des buts ».
Joseph Tshabalala, le leader du groupe mythique Ladysmith Black Mambazo, a souvent interprété Shosholoza, de sa voix douce et délicate, dans la tradition Isicathamiya, qui signifie sur la pointe des pieds. Le soir dans leurs chambrées, les travailleurs migrants devaient chanter tout bas et danser sur la pointe des pieds pour échapper à la surveillance des contremaîtres.
Stimela est le dernier mot de la chanson. Stimela veut dire train car les travailleurs déracinés chantaient aussi Shosholoza dans les trains pour se donner du baume au cœur, raconte Joseph Tshabalala. « Le train emportait les travailleurs vers des destinations inconnues qui étaient pour eux une terre promise car ils espéraient y gagner de l’argent. Mais en fait ils pleuraient, ils ne savaient pas s’ils allaient un jour revenir chez eux ».
Au fil des années Shosholoza est devenu un chant de ralliement dans la lutte contre le régime d’apartheid. Mais au lendemain del’élection de Nelson Mandela, Shosholoza a été adoptée par toutes les communautés de la nation arc-en-ciel. Shosholoza figure d’ailleurs dans la bande originale d’Invictus, le film de Clint Easwtood, où l’on voit les Sud-Africains noirs et blancs encourager les Springbocks jusqu’à la victoire lors de la coupe du monde de rugby en 1995.
« Aujourd’hui, même les blancs chantent Shosholoza. On se fiche de savoir si tu es indien, métisse, noir ou blanc ; c’est cela aussi shosholoza. Allons-y tous ensemble », martèle Joseph Tshbalala qui se satisfait de l’évolution de la chanson.

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