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Le Soccer Cinema

De début avril à début juin, le Soccer Cinema, un cinéma itinérant, s’est rendu dans une cinquantaine de villages et townships sud-africains dans les 9 régions du pays « où la Coupe du Monde n’arrivera jamais » pour projeter des documentaires sur le football. La dernière séance de ce marathon filmique avait lieu à Victoria West, une petite ville de 9000 habitants, située en plein milieu du pays, dans le désert du Karoo, à 5 heures de route de la ville organisatrice la plus proche.
« Bonjour Mesdames et Messieurs. Nous vous invitons à venir célébrer la Coupe du Monde avec nous. Vous le sentez ? On y est !!! »
Mbulelo Grootboom, l’homme qui tient le haut-parleur a la gouaille d’un bateleur et l’énergie de toute une équipe de football.C’est parce qu’il est difficile de « sentir » l’arrivée imminente de la Coupe du Monde à Victoria West, petite ville endormie au milieu du désert, qu’à été créé le Soccer Cinema.« A la base, l’idée c’était de monter un projet qui aurait lieu avant la Coupe du Monde, explique Nathalie Bucher, une des organisatrices du projet, pour partager l’enthousiasme de cet événement mondial avec les Sud-Africains et Sud-Africaines qui sont loin des stades, loin des grands centres pour leur donner l’impression qu’ils font partie eux aussi de cet événement et d’une manière ou d’une autre qu’ils font partie de ce pays. »
A 14h heures tapantes, une cinquantaine d’enfants et d’adolescents s’installent dans les fauteuils en skaï fatigués du cinéma de la petite ville pour visionner les 2 films qu’ils ont choisis parmi la quinzaine proposé. Tous deux ont une dimension sociale, ce qui permet à Mbulelo, qui anime la séance, de lancer le débat.
« Dans les premières secondes où les gens rentrent dans la salle, ils pensent qu’ils vont voir du foot. Ils ne s’attendent pas aux thèmes qui sont abordés dans les films comme le SIDA, le développement social, la guerre et la paix. Mais quand ils voient ça, ils réagissent, car même si certains de ces films viennent de pays étrangers, les thèmes, eux, sont universels. »
A la sortie, Nathan, 7 ans et sa grande sœur Zanele ont apprécié cet avant-gout du Mondial, mais ne sont pas rassasiés : « Je voudrais voir les Bafanas Bafanas jouer, je voudrais qu’ils viennent ici ! Ici, il n’y a même pas un magasin où l’on peut acheter un ballon ! »
Après 53 projections de township en village reculé et de salle des fêtes en église, la dernière séance sonne également l’heure du bilan pour Nathalie Bucher : « Il y a beaucoup d’espoir, beaucoup de gens espèrent que cette Coupe va peut-être changer quelque chose et je partage cet espoir et j’espère qu’au moins ces gens que l’on a rencontrés, que ce que l’on a fait, les a touchés d’une manière ou d’une autre. »

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