Unesco : Le prix du président de la Guinée Equatoriale fait polémique

Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le président de la Guinée équatoriale ici à l'ONU en 2009, pourrait donner son nom à un prix scientifique remis par l'UNESCO.
© AFP/Emmanuel Dunand

Des scientifiques voient d'un très mauvais l’idée de l'Unesco d’attribuer un prix qui porterait le nom de l'actuel président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Pour eux, la réputation de l’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture sera ternie par l'utilisation du nom d'un tyran.

L’Unesco, dont le siège se trouve à Paris, est dans l'œil du cyclone, au cœur d'une polémique. L’Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture a eu l’idée d'attribuer un prix scientifique portant le nom du président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema. Plusieurs ONG et des personnages savants ont dénoncé en bloc l'idée même de ce projet. Ils estiment que la réputation de l'Unesco « ne peut être qu'irrémédiablement ternie lorsque l'organisation permet à un tyran d'utiliser son nom pour polir son image ».

On peut se demander s’il y aura-t-il un jour un prix Unesco Obiang pour la recherche dans les sciences de la vie contribuant à améliorer la qualité de la vie des êtres humains. En tout cas, une quarantaine d'ONG, ainsi que des chercheurs dont plusieurs prix Nobel, mènent depuis des mois une campagne pour tenter de dissuader l'Unesco d’attribuer cette récompense. Pour ces mouvements, le président Obiang Nguema tente d’utiliser l'organisation de l'Onu pour « légitimer son image ». Selon Reed Brody, de l’organisation Human rights watch (HRW), « ce serait bien dommage que l’Unesco se laisse manipuler pour rehausser la réputation désastreuse d’un despote corrompu. D’après un comité d’enquête du Sénat américain, le président Obiang et les membres de sa famille auraient détourné des dizaines de millions de dollars provenant des ressources pétrolières de leur pays, pour le profit personnel d’Obiang et de sa famille ».

Du côté de la délégation équato-guinéenne à l'Unesco, on se dit « stupéfait par cette campagne de dénigrement ». Pour Juan Bautista Osubita, le délégué permanent, le président Obiang Nguema a les moyens de financer ce prix de trois millions de dollars : « Cela fait quand même un bon bout de temps que le président est chef d’Etat en Guinée Equatoriale et je crois qu’il lui est possible de réunir une somme aussi considérable. De toutes les façons, ce prix-là ne répond-il pas aux critères d’approbation des prix à l’Unesco ? C’est la question qu’il faudrait bien se poser ».

Du côté de l'Unesco, on se dit « très gêné » par cette polémique qui risque de ternir l'image de l'institution. La décision finale reviendra aux Etats membres de l'organisation qui se réuniront le 15 juin prochain.

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