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Unesco : report de la décision sur le prix du président de la Guinée équatoriale

Le Conseil exécutif de l'Unesco a décidé, ce mardi 15 juin, à Paris, de retarder la remise du prix Obiang et de poursuivre les consultations jusqu’en octobre prochain. Une polémique autour du prix portant le nom du président équato-guinéen s’est manifestée dernièrement à la suite des protestations de nombreux universitaires, qui accusent le régime de Teodoro Obiang Nguema de violations des droits de l’homme.
La décision sur ce prix Obiang sera prise en octobre lors de la réunion du prochain Conseil exécutif de l'organisation de l’ONU pour la science, la culture et l’éducation. Le Conseil exécutif de l’Unesco avait accepté ce prix en 2008. Irina Bokova, la directrice générale de l'Unesco, a usé de toute sa conviction, ce mardi matin, pour prolonger les consultations autour du prix Unesco Obiang. Ce prix sur la recherche dans les sciences de la vie, d'un montant de 300 000 dollars, a provoqué la protestation virulente de nombreux chercheurs, prix Nobel et ONG. Difficile selon eux d'associer la réputation de l'Unesco avec le nom d'un chef d'Etat souvent qualifié de «dictateur».
Pour Irina Bokova, la directrice générale de l'Unesco, on ne peut pas faire fi des nombreuses protestations : « J’ai exprimé ma préoccupation pour le prestige, pour l’image de l’Unesco, parce qu’il y avait beaucoup de critiques, d’appels de la part des intellectuels, des scientifiques, des journalistes, des gouvernements, des parlementaires, des ONG. J’ai exprimé non seulement mon inquiétude, mais aussi ma conviction que l’Unesco doit être à l’écoute, malgré le fait qu’on avait adopté déjà une décision il y a deux ans. Mais nous ne serons pas à la hauteur des pays membres si nous ne sommes pas capables d’écouter tout ce que ces partenaires, ces milieux importants pour nous, nous disent ».
Lors de cet entretien à RFI, la directrice générale de l’Unesco a également estimé que « dans ces circonstances, je ne peux pas fixer la date pour la remise du prix ». Irina Bokova a lancé un appel au Conseil exécutif de l’organisation pour qu’il « entre en consultation afin que l'on puisse trouver une solution avec le respect de tout le monde, en dignité et en dialogue. Et je pense que le message a été compris ».
Parmi les 58 Etats membres de ce Conseil, certains ont ouvertement soutenu la position de la directrice générale comme les Etats-Unis ou l'Union européenne. D'autres, en revanche, estiment qu'il faut remettre ce prix malgré toutes les pressions. Ainsi, Odette Yaoyao, ambassadrice de la Côte d'Ivoire auprès de l'Unesco, a prôné le respect des décisions au sein de l’organisation et le respect des Etats membres : « Le Conseil exécutif a pris la décision, il faut que la directrice générale exécute. C’est nous qui avons pris la décision. C’est à nous de nous débrouiller pour montrer que le Conseil est solidaire, parce que les Etats membres sont solidaires ».
Odette Yaoyao a également affirmé que « l’Unesco n’est pas gênée. C’est la soi-disant communauté internationale qui l'est. C’est cette communauté internationale qui nous plonge dans la gêne, parce que nous, nous avons pris la décision, nous n’avions pas regardé l’individu. Nous sommes contents de recevoir une contribution qui va nous aider à travailler. Nous ne jugeons pas. Le prix doit être remis. Le Conseil ne revient pas là-dessus. C’est ce que je soutiens ».

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Commentaires (2)
l'unesco plutot conseiller ce pays pour l'éducation des jeunes
Il en a tellement besoin. l'instruction est plus importante que les investissements dans les BTP.
Non!
Pour moi, il n'est pas question qu'on honore des chefs d'États dictateurs car l'UNESCO doit montrer, au-delà de sa mission première,qu'elle est aussi là pour la recherche de la démocratie dans des pays, surtout africains. Un prix de telle organisme ne doit pas porter la marque d'un Obiang Ngema dictateur. Donc,Odette Yaoyao doit comprendre qu'elle n'est pas la seule dans l'organisation et c'est la majorité respectée et respectueuse des droits de l'homme qui doit gagner.
A bon entendeur, merci!
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