Le président Maurice Yaméogo reçoit avec émotion les rênes du pouvoir, le 11 décembre 1959


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«Et à travers les plis de ce drapeau, en regardant ces trois couleurs, c’est tout notre pays, toute notre chère Haute-Volta que j’aperçois. Noir, blanc, rouge : c’est assurément les couleurs de nos trois rivières, de nos trois Voltas. Mais ces couleurs, c’est beaucoup plus encore. Ne sont-ce pas en effet les trois couleurs de nos masques. Qu’il s’agisse des masques Mossi, des masques Gourounsi, des masques d’initiation des Bobo, ce sont bien toujours ces trois couleurs qui sont employées, soit ensemble ou soit séparément, comme c’est le cas pour les Bobo qui distinguent les kélè dou, masques noirs, des kèlè fourou, masques blancs, et des kélé kpènè, masques rouges.Nos compatriotes eux-mêmes n’emploient-ils pas ces trois couleurs pour se distinguer entre eux : tels les Bobo-Fing noirs des Bobo-Oulé rouges ; ou encore les Bobo-Fing noirs des Bobo-Gbe blancs ; les LoPiels et des LoSaala chez les Dagari.Souvent même, nos différents langages ne possèdent de mots propres que pour ces trois couleurs : le noir, le blanc et le rouge. Et de quelles couleurs se servent donc nos peintres ? Nos artistes pour rehausser leurs dessins ou leurs objets d’art : toujours du noir, du blanc, et du rouge qu’ils obtiennent en faisant appel à des produits ou des matières issues directement des trois mondes qui composent la nature : le monde végétal, le monde animal et le monde minéral.Ainsi, notre emblème national reprend-il de façon magistrale et remet-il à la place d’honneur les trois couleurs fondamentales de la nature voltaïque. Je dirais même de la nature africaine. Si nous songeons que de la même façon que nous avons nos trois Voltas (noire, blanche et rouge), d’autres distinguent le Bafing, le Bakoye et le Baoulé qui sont les trois branches du Sénégal ou encore les Bandama rouge et blanche de nos voisins de Côte d’Ivoire.Je pourrais multiplier les exemples. Je pourrais parler des artistes et des masques de nos voisins. Où que nous tournions nos regards, ce sont encore nos trois couleurs que nous retrouverions.Ainsi, n’est-ce pas désormais notre grande fierté que de notre terre de Haute-Volta ait jailli les couleurs de l’Afrique ? Cet évènement est bien digne de notre tradition qui est de lutter contre toutes les divisions, de lutter pour obtenir l’union du peuple qui sont frères. Aussi, notre devise nationale reprend-elle et met-elle en exergue ce thème de l’unité. Mais comment parvenir à cette unité autrement que par un dur labeur ? Un effort de tous les instants qui exige que chacun place le travail parmi les vertus capitales qui peuvent conduire notre pays vers les meilleures destinées.» 

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