Le Rwanda refuse un nouveau prêt du FMI


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Le FMI a signé jeudi 17 juin avec le Rwanda un accord qui permettra à Kigali de s'appuyer pendant trois ans sur les conseils des experts du Fonds monétaire international. Cependant, le gouvernement rwandais a préféré ne pas demander de nouveau prêt à l'institution financière internationale.

Le choix du Rwanda de renoncer à une ligne de crédit du FMI n'est pas surprenant quand on se penche sur l'évolution économique de ce pays d'Afrique de l'Est. Ses performances sont en effet excellentes. Pays essentiellement agricole, le Rwanda enregistre une croissance économique impressionnante. En 2008, cette croissance aura dépassé les 10%, les rentrées budgétaires ayant même été supérieures à ce qui avait été projeté, grâce au boom de la téléphonie mobile et à l’octroi de nouvelles licences par le gouvernement. En 2009, année où le pays a ressenti les effets de la crise mondiale, l'indice de croissance n'aura été que de 4%. Cela s’explique par la baisse du prix des matières premières que le pays exporte.

Une dette extérieure tout à fait supportable

Mais en 2010, l'économie rwandaise est repartie sur un rythme de 6%. Forte croissance donc, mais aussi stabilité saluée par le conseil d'administration du FMI. Quant à l’inflation, elle n’a cessé de régresser pour devenir, à l’aune de ce qu’elle était, tout à fait insignifiante. Par ailleurs, tout au long des dernières années, la politique de désendettement a été menée de manière habile et prudente. Aujourd'hui, la dette ne représente plus que 16% du produit intérieur brut annuel. Sans être absolument optimal, le climat des affaires a enregistré de nettes améliorations. Dans le baromètre annuel de la Banque mondiale « Doing Business », le Rwanda a gagné 76 places et se situe au 67e rang international.

Une évolution qui permet donc au pays de se passer des lignes de crédits du FMI. Au cours des années passées, Kigali avait bénéficié de trois prêts de l’institution née des accords de Bretton Woods. La dernière enveloppe avait été accordée en 2006 pour un dernier décaissement en 2009.

Malgré tout, des obligations vis-à-vis du FMI

Cependant, le président Kagamé et son équipe gouvernementale ont jugé préférable de ne pas renouveler un tel accord. Ils s’apprêtent même à rembourser ce qu’ils doivent au FMI, jugeant leur taux d’endettement et leurs finances publiques assez saines pour ne pas dépendre d’une aide extérieure. Cela n’empêche pas le Rwanda de chercher les conseils et les avis des experts de Washington. C’est pourquoi il est de nouveau mis en place un « PSI », « Policy Support Instrument ». Le « PSI » est un dispositif mis en place par le FMI pour les pays à bas revenus qui ne veulent ou n’ont pas besoin de son aide financière.

En l’occurrence, le Conseil d’administration du FMI estime que « d’importants défis restent à relever par le Rwanda ». Ces principales faiblesses sont « le faible niveau des recettes fiscales, les débouchés étroits des exportations et la forte dépendance à l’aide extérieure ».  En conséquence, le FMI, souhaite le maintien d’une politique budgétaire prudente, permettant un usage restreint des emprunts au taux des marchés financiers. Des souhaits qui auront toute l’apparence d’obligations pour le gouvernement rwandais puisqu’à la signature du « PSI » les signataires s’engagent à pratiquer des politiques macro-économiques visant à la réduction de la pauvreté, à l’accélération de la croissance avec des dettes internes et externes compatibles avec le niveau du revenu national.