Mystérieuse série d’explosions de grenades au Burundi

Le colonel Gaspard Baratuza, porte-parole de l'armée burundaise.
© Burunditransparence.org

Depuis quelques jours maintenant, on entend tous les soirs des explosions de grenades dans plusieurs régions du Burundi. Face à cette vague d’explosions, au moment où ont lieu des affrontements politiques entre le pouvoir et l'opposition, l’armée burundaise a réagi, jeudi 17 juin 2010, et a accusé les auteurs de ces actions de vouloir saboter la paix dans le pays.

Le Burundi ne risque-t-il pas de retomber dans la spirale de la violence, après 13 années de guerre civile ? Depuis quelques jours, les affrontements politiques entre l'opposition et le pouvoir sont en train de dégénérer. D'un côté, l'opposition qui conteste les résultats des élections communales du 24 mai dernier. De l'autre, le pouvoir qui est sorti largement en tête de ce scrutin.

Depuis quelques jours, chaque soir, on assiste à des explosions de grenades. Rien qu’au cours des quatre derniers jours, le Burundi a enregistré une trentaine d’attaques à la grenade qui ont fait une dizaine de blessés. Devant l’ampleur de ces violences, l’armée burundaise est montée au créneau, jeudi 17 juin, et a tiré sur la sonnette d’alarme. Son porte-parole, le colonel Gaspard Baratuza a notamment indiqué à RFI : « Cela a fait, qu’à partir du week-end passé, des recrudescences de violences se sont manifestées. Il s’agit de sabotages pour que les élections n’aient pas lieu ».

Ces violences s’inscrivent dans un climat de forte tension politique au Burundi. L’opposition conteste les résultats des élections communales du 24 mai dernier et elle s’est retirée de la course à la présidentielle du 28 juin prochain, où le président sortant Pierre Nukurunziza est désormais l’unique candidat, après le retrait de six candidats de l’opposition.

Sans accuser directement l’opposition de vouloir saboter ce futur scrutin, l’armée burundaise a lancé une mise en garde à « ceux qui sont en train de saboter la paix ». Le colonel Gaspard Baratuza a ajouté : « Nous sommes déterminés, à 100%, à chercher tous les planificateurs ou les exécutants de ces plans macabres afin de les appréhender et les traduire devant la justice ».

En attendant, les Burundais ont peur. Désormais, de nombreux bistrots ferment tôt et il y a peu de circulation dans les rues de la capitale, Bujumbura, une fois le soir tombé.

Le Burundi sort de 13 ans de guerre civile qui ont ruiné son économie et fait plus de 300 000 morts, essentiellement des civils. Aujourd'hui, le pouvoir est dominé par une ex-rébellion hutue alors que l'armée et la police sont paritaires entre les deux principales ethnies, hutue et tutsie.
 

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