Madagascar divisé fête le cinquantenaire de son indépendance

Antananarivo, vue du stade municipal, le jour de la fête de l'indépendance le 26 juin 2010.
© Afp / Grégoire Pourtier

Depuis 2008, Madagascar est plongée dans une profonde crise politique et économique. C’est un État sans président élu, sans constitution et divisé qui a célébré ce samedi 26 juin 2010 le cinquantenaire de son indépendance. Andry Rajoelina a tout de même présidé les cérémonies officielles, mais si tout s’est finalement bien passé, le moment n’a pas permis un rapprochement entre les parties, qui sont restées chacune de leur côté.

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© © J-B. Pellerin

Dans son discours à la nation, tôt samedi matin, Andry Rajoelina s’est projeté vers l’avenir. Ces cinquante prochaines années qui doivent être pour Madagascar celles du développement et de l’espoir.

En attendant, le bilan de ce premier demi-siècle d’indépendance est pour le moins frustrant. « Toutes les années il y a des crises politiques à Madagascar, explique Mario qui malgré sa résignation ne s’est pas privé d’assister au défilé militaire. Mais ce n’est pas un problème pour nous. Le but c’est de fêter notre indépendance ».

Malgré les absences politiques et diplomatiques, le public a été conquis notamment grâce au tout nouvel écran géant dans le stade de Mahamasina qui permet d’apprécier encore mieux le spectacle.

Quelques heures plus tard, dans le cadre moins prestigieux d’un parking ravagé d’une entreprise de Marc Ravalomanana, l’enthousiasme est le même. L’ancien président en exil, qui s’est exprimé par téléphone, est acclamé par ses supporters. Les adversaires du régime de transition se sont réunis sur ce parking pour fêter à leur manière le cinquantenaire. « J’ai fait la fête pour ma patrie mais pas pour les autorités. Raconte un homme dans la foule qui rejette le pouvoir actuel. Pour moi à Madagascar il n’y a pas d’État de droit ».

Le régime au sud de l’avenue de l’Indépendance, l’opposition au nord, et au milieu sur la large artère et dans le parc d’Ambohijatovo, le reste de la population qui a, avant tout, voulu faire la fête et ne s’en est pas privé.

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