RFI lance son antenne en kiswahili


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Forte du succès de son antenne en haoussa au Nigeria, Radio France Internationale a lancé cette semaine une seconde antenne en langue africaine, le kiswahili, depuis Dar es Salaam, en Tanzanie. RFI espère ainsi élargir son audience dans les pays francophones et surtout anglophones d’Afrique de l’Est, où cette langue est parlée plus ou moins bien par plus de 100 millions de personnes.

De notre correspondant régional,

L’atmosphère est survoltée dans le nouveau studio de Radio France Internationale à Dar es Salaam. Il a commencé à fonctionner seulement quatre jours avant la diffusion du premier journal en swahili lundi 5 juillet. Aux manettes, l’Irlandais David Coffey, dirige son équipe avec des gestes théâtraux. Chaque journal est un nouveau spectacle. L’objectif avoué est de faire une antenne professionnelle au ton jeune et enjoué pour un auditoire qui sort à peine des langes. En Tanzanie, 50% de la population a moins de 25 ans. En Ouganda, sa proportion atteint les 75% ! « Nous essayons de répondre au besoin exprimé par la nouvelle génération d’avoir de réelles informations internationales », souligne David Coffey.

RFI arrive sur un marché déjà saturé. A la BBC, qui a créé son antenne en swahili il y a un demi-siècle sont venus s’ajouter la Voix de l’Amérique, la Voix de l’Allemagne, la Voix de Chine et plus récemment celle du Japon. « Le fait que de nombreuses radios internationales émettent en kiswahili, prouve que les auditeurs aiment ça. Et je tiens à souligner que Radio France Internationale en kiswahili sera la meilleure de toutes », soutient avec sérieux Victor Robert Wile, le rédacteur en chef de cette antenne en kiswahili.

Dans les rues et sur les plages de Dar es Salaam, si les habitants accueillent avec plaisir l’arrivée de cette nouvelle radio internationale, c’est qu’ils ne sont jusqu’à présent totalement satisfaits d’aucune. « Chacune de ces radios nous donnent les informations qui leurs conviennent », remarque Omar Michel, qui partage son temps entre un travail de veilleur dans un hôtel et ses études de journalisme. « Les gens regardent surtout Al Jazeera ici, car c’est le premier média qui nous apporte des informations réellement diversifiées. Si RFI nous donne quelque chose d’approchant en swahili, ce sera une bonne chose », ajoute-t-il.

Un coup de jeune aux antennes internationales

Pour RFI, dont l’antenne en anglais n’est jamais parvenue à s’imposer en Afrique, la nouvelle antenne en kiswahili, qui va travailler avec de nombreux correspondants, devrait lui permettre de s’adresser à une population qui jusqu’à présent ne l’écoutait pas. « Il y a trois ans nous avons lancé le haoussa à partir du Nigeria. C’est une très forte réussite. On veut aujourd’hui aller vers les auditeurs africains dans leurs langues. C’est la meilleure manière de leur parler, c’est la meilleure manière de s’adresser à eux, en surfant bien sur notre forte crédibilité, sur l’image de référence qu’a notre marque en français », explique Geneviève Goetzinger, directrice déléguée de RFI, à l’issu de l’ouverture de l’antenne.

David Coffey, mise également sur l’effet « nouvelle antenne » pour s’attaquer aux principaux concurrents. « Les gens, ici, me disent que la BBC est devenue un peu fade, un peu vieille... Nous allons donc essayer de donner un coup de jeune aux antennes internationales de la région », dit-il dans un sourire.

Cette nouvelle antenne en kiswahili de RFI ne sera pas seulement diffusée dans des pays anglophones, où ses auditeurs seront totalement nouveaux, mais aussi dans ceux où elle est déjà très écoutée, comme à Madagascar, aux Comores, et en République démocratique du Congo. Dans la région, seul le Rwanda ne bénéficiera pas pour l’instant de ce nouveau service : Kigali ne veut pas l’entendre avant que Paul Kagamé, qui a pris le pouvoir par les armes en 1994, ait été réélu le mois prochain.