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Afrique

Anniversaire des indépendances africaines Défense

1960-2010, 50 ans d’interventions militaires françaises en Afrique

media

Après les indépendances, la France signe une vingtaine d’accords de défense et de coopération avec ses anciennes colonies africaines. En vertu de ses accords, ou afin de venir en aide à ses ressortissants, l’armée française est intervenue à près de quarante reprises sur le sol africain en l’espace d’un demi-siècle. Certaines opérations françaises n’ont duré que quelques jours, d’autres ont donné lieu à des déploiements beaucoup plus longs. Une présence militaire, et des «coups de force», devenus des symboles d’une certaine «France-Afrique en kaki», sur lesquels le président Sarkozy dit vouloir tourner la page.

1961 : Opération «Bouledogue» (transformée en opération «Charrue longue» pour le maintien de la base militaire navale de Bizerte en Tunisie.

1964 : Rétablissement du président Léon M'ba dans ses fonctions après le putsch d’une partie de l’armée au Gabon.

1968-1972 : Opérations «Limousin» et «Bison» contre la rébellion du Tibesti au Tchad. L’armée française enregistre des pertes importantes. 39 tués dans les rangs français durant l’opération «Limousin» ainsi qu’une centaine de blessés.

1977 : Opération «Verveine» en soutien au maréchal Mobutu contre la rébellion du Shaba.

1977 : Opération «Lamentin» de l’armée de l’air contre le Front Polisario en Mauritanie, dans le secteur du train minéralier Zouérat-Nouadhibou».

19 mai 1978 : Opération «Léopard» ou «Bonite». Les paras du 2e REP sautent sur Kolwezi au Zaire.
Les bérets verts du 2e REP de Calvi en Corse ont laissé leurs traces en Afrique, tout d’abord en Algérie, contre les maquisards du FLN durant la guerre d’indépendance, puis au Tchad pendant l’opération «Épervier» et sur bien d’autres champs de manœuvres africains. Mais en mai 1978, dans ce qui était alors le Zaïre, les hommes du 2erégiment étranger de parachutistes ont été accueillis comme des héros par les 3 000 civils de Kolwezi délivrés, en quelques heures, des rebelles katangais du FLNC (Front de libération national du Congo) qui faisaient régner la terreur dans la ville minière.

Tout commence le 13 mai 1978, ce jour là des hommes en tenues camouflées envahissent la ville. Formés par des instructeurs soviétiques et cubains, ils viennent d’Angola. Ce sont de très jeunes soldats, arborant un tigre argenté comme insigne. Equipés de matériel d’origine soviétique, ils parviennent à mettre en déroute la garnison des FAZ (Forces Armées Zairoises) installée à Kolwezi. En France, le président Valéry Giscard d’Estaing décroche son téléphone. À Kinshasa, le président Mobutu est inquiet. Il voudrait bien régler l’affaire tout seul mais il sent bien que la situation risque de lui échapper. Seule une aide occidentale pourrait sauver l’unité de son pays et son pouvoir personnel. À Kolwezi la situation se détériore, les rues sont jonchées de cadavres. On commence à s’en prendre aux expatriés européens dont la plupart travaillent pour la Gécamines qui extrait les richesses du sous-sol katangais. Les Blancs accusés de mercenariat se cachent. Arrestations en masse, exécutions sommaires, il y a urgence, face aux hésitations de la Belgique. La France décide d’intervenir seule pour faire cesser les massacres. Entassés dans des avions cargos français et zaïrois, 500 paras du 2ème REP sautent tout prés du centre-ville. Il faut intervenir vite et frapper fort. L’aéroport aurait été une bonne zone de saut mais il est trop éloigné. Dans les rues, les rebelles «katangais », décrochent, abandonnant armes et matériel. 250 d’entre eux seront tués. La légion compte 5 morts et 20 blessés dans ses rangs. Finalement les paras belges arrivent à leur tour mais c’est presque après la bataille ! On découvre dans les caves des hôtels des dizaines de corps en putréfaction :  beaucoup de fonctionnaires jugés trop proches du régime Mubutu mais aussi des commerçants et des expatriés.

Sous le choc Français et Belges quittent Kolwezi et rentrent chez eux grâce à un pont aérien . Plus d’une centaine de civils européens, hommes, femmes et enfants, auront été tués durant ces jours tragiques de mai 1978 qui auront contribué à écrire la légende des paras de la légion étrangère.

1978-1980 : Opération «Tacaud» au Tchad pour contrer l'avancée du Frolinat (Front national de libération du Tchad) de Goukouni Oueddei (Weddeye).

1979-1981 :  Opération «Barracuda» en Centrafrique qui destitue l'empereur/président Bokassa et replace David Dacko au pouvoir.

1983 : Opération «Manta» au Tchad . 4 000 soldats français mobilisés en soutien au président Hissène Habré face aux rebelles de Goukouni Oueddei (Weddeye).

Février 1985, les Jaguar bombardent la base aérienne libyenne de Ouadi-Doum (Wadi-Doum). Depuis Juin 2010 ce sont des Mirage qui sont stationnés à N'Djaména dans le cadre de l’opération «Épervier». Mais pour beaucoup de Tchadiens, l’avion le plus emblématique de la présence française dans ce pays reste le Jaguar tant ce chasseur bombardier aura été de «tous les coups en Afrique» durant prés de deux décennies.

En ce début d’année 1985, le Tchad, confronté à de multiples rébellions depuis la fin des années 70,  est coupé en deux.

Au sud du 16e parallèle, le pays est controlé par les forces du président Hissène Habré soutenues par la France, alors qu’au nord de cette ligne, les dissidents du GUNT de Goukouni Oueddei (Weddeye) occupent le terrain avec l’aide de la Libye. Des vols de reconnaissance mettent en évidence des travaux dans une zone désertique au nord-est de Faya-Largeau : l’armée libyenne est en train de construire une base aérienne avancée qui met la capitale N'Djaména à portée des chasseurs-bombardiers libyens.

Les Français prennent l’affaire au sérieux d’autant plus que les photos aériennes laissent apparaître un déploiement important de radars et missiles sol-air d’origine soviétique dans le secteur et des affrontements au sol sont signalés dans l’est du pays. L’armée française décide de redéployer des moyens aériens sur les terrains de Bangui en RCA et de Libreville au Gabon.

Le 16 février, alors qu’il fait encore nuit, 11 avions Jaguar de la 11e escadre de chasse basée habituellement à Toul, décollent de Bangui . Après plusieurs ravitaillements en vol, et alors que le soleil est déjà haut, ils repèrent la base libyenne et attaquent la piste en rase motte avec des bombes anti-pistes. Les défenses ennemies restent muettes. Plusieurs bombent atteignent leur cible coupant la piste libyenne, en plusieurs endroits. Tous les avions français rentrent normalement à leur base.

La réaction du colonel Kadhafi ne se fait pas attendre, dés le lendemain, un bombardier Tupolev à long rayon d’action attaque la base de Ndjamena. Une bombe endommage légèrement la piste, mais ne fait pas de blessés…Les Jaguars reprendront très vite du service, avant de quitter définitivement l’Afrique dans les années 90.

1986 : 150 parachutistes français débarquent en renfort au Togo suite à une tentative de coup d'État contre le président Gnassingbé Eyadéma.

1989 : Opération «Oside» aux Comores après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires de Bob Denard (extrait du documentaire Bob Denard, profession mercenaire de Thomas Risch. 2005).

1990-1993 : Mission «Noroit» au Rwanda pour protéger le régime du président Juvénal Habyarimana contre une attaque des rebelles du Front patriotique rwandais.

1992-1993 : Opération «Oryx» en Somalie (En mission avec l'ALAT, témoignage de Jean-Luc Brissau, pilote d'hélicoptère). L'opération sera placée ensuite sous le commandement américain de la mission «Restore Hope».

1993 : Opération «Bajoyer» au Zaire. Evacuation des ressortissants français. Kinshasa connaît des émeutes initiées par les militaires. L'ambassadeur de France Philippe Bernard et l'un de ses collaborateurs zaïrois ont été tués.

1993 : Opération «Chimère et Volcan» formation de l’armée rwandaise.

1994 : Opération «Amaryllis». Evacuation des ressortissants européens alors que le président Habyarimana vient d’être assassiné et que débute le génocide. (Témoignage de l'amiral Jacques Lanxade, chef d'état-major des armées de 1991 à1995, Invité Afrique du 7/8/2008)

Juin 1994, Opération «Turquoise». L’armée française face au génocide rwandais. Enquête, contre-enquête, plaintes contre l’armée française... Seize ans après le génocide rwandais, le rôle de l’armée française au Rwanda est toujours un sujet de controverse : d’une part, car avant le génocide et en vertu des accords de coopération militaire signés avec le Rwanda, la France avait formé, entrainé et équipé une partie de l’armée rwandaise qui se retrouvera au printemps 1994 impliqué dans les massacres de Tutsis et de Hutus modérés, et d’autre part parce que l’intervention française à la demande de l’ONU, n’a débuté que le 22 Juin 1994, soit deux mois et demi après le début des massacres à grande échelle. 

C’est la résolution 929 de l’Onu qui lance l’opération «Turquoise». En réalité les Français ne sont pas seuls, puisqu’un demi-millier de soldat africains acceptent de participer à la mission ce qui fait un total d’environ 3000 millitaires : des légionnaires, et des éléments français venus du Gabon, et de Centrafrique. Pour les vols logistiques depuis la France, l’armée française va prendre conscience de la faiblesse de ses moyens de transports stratégiques, puisqu’elle devra louer des gros porteurs Antonov 124. Pour la première fois, des avions géants ukrainiens se posent à Istres dans le sud de la France pour acheminer le matériel nécessaire au cœur de l’Afrique. Sur place, à des milliers de kilomètres de là, les Français décident d’entrer au Rwanda par Gisenyi au nord ouest et Cyangugu au sud-ouest. Objectif affiché: arrêter les massacres et protéger la population.

«Turquoise» n’est pas une force d’interposition, elle doit rester neutre, ne doit pas s’impliquer dans les combats et ne doit pas chercher à désarmer et arrêter les génocidaires hutus. Cette «impartialité» sera rapidement dénoncée par les ONG. Le mandat reste insuffisant pour mettre fin au génocide. Les Français décident d’imposer une zone humanitaire «sûre» afin d’empêcher les combats entre l’armée rwandaise et la rébellion tutsie du FPR.  Le Front patriotique rwandais qui mène l’offensive depuis l’Ouganda, gagne du terrain. Il s’empare finalement du pouvoir, poussant les génocidaires de l’autre côté de la frontière dans l’est du Zaire qui allait bientôt devenir la RDC.

À Bisesero dans la zone centrale de l’opération «Turquoise», l’armée française évacue début Juillet, 600 rescapés Tutsis, mais en 2005, elle est accusée par six survivants rwandais d’avoir tardé à intervenir et de porter la responsabilité de la mort de plusieurs dizaines d’autres Tutsis assassinés par les milices hutues dans cette même zone (voir extrait du film Opération Turquoise, ci-dessus). En France le Tribunal aux armées de Paris (TAP) est en charge de l’affaire.


Au final, beaucoup de soldats français -et une bonne partie de l'opinion publique- ne garderont en mémoire, qu’une seule image de l’opération : des bulldozers poussant des dizaines de cadavres dans des fosses communes afin d’éviter les épidémies au sein des populations hutues, refugiées au Zaïre. Aujourd’hui encore, certains militaires français, envoyés au Rwanda à cette époque, restent traumatisés par les horreurs qu’ils ont vus dans ce pays. En 2010, le général Lafourcade qui commandait l’opération française, plaide non coupable dans son livre intitulé Rwanda 1994, publié aux éditions Perrin.

1995 : Opération «Azalée» aux Comores. Bob Denard et ses mercenaires ont renversé le président Saïd Mohamed Djohar. L'armée française neutralise Bob Denard, le ramène en France où il est emprisonné. (détails de l'opération «Azalée» en anglais et dans l'historique du patrouilleur français La Boudeuse, en français).

1996-2007 : Opération «Aramis» au Cameroun, soutien de l’armée camerounaise en lutte contre le Nigeria pour le contrôle de la presqu’ile pétrolière de Bakassi.

1997 : Opération «Pélican» au Congo-Brazzaville pour évacuer les ressortissants étrangers durant la guerre civile .

1998 : Opération «Malachite» évacuation des ressortissants français de Kinshasa.

2002 : Début de l'opération «Licorne», force de maintien de la paix, en Cote d’Ivoire suite à une rébellion qui menace le pouvoir du président Laurent Gbagbo. Cette intervention précède les accords de Marcoussis entre les forces politiques ivoiriennes, en janvier 2003.

2003 : Opération européenne «Artemis» dans l’est de la RDC.

2004 : Destruction des aéronefs de l’armée ivoirienne après le bombardement de Bouaké dans lequel 9 soldats de la force Licorne vont trouver le mort et 35 autres sont blessés.  Evacuation des ressortissants français. Les soldats  tirent sur la foule lors de manifestations anti-françaises. L'opération «Licorne» est également entachée par l'affaire  Firmin Mahé.

2006 : Soutien à l’armée tchadienne face aux rebelles (dispositif Épervier). L’aviation française effectue une tir de semonce devant une colonne rebelle à 250 km de Ndjamena.

2008 : Protection de l’aéroport de Ndjamena et évacuation des ressortissants français au Tchad. Echange de tirs entre l’armée française et les rebelles près de l’aéroport.

2008 : Soutien logistique à l’armée djiboutienne à la frontière érythréenne.

2008 : Début de l’opération européenne de lutte conte la piraterie «Atalante» dans le golfe d’Aden.

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Source : Que fait l’armée française en Afrique ? Raphael Granvaud aux éditions Agone.

À consulter :
- le Répertoire typologique des opérations extèrieures de l'armée française (jusqu'en 2003). Division Recherche et Retour d'expérience. Armée de terre/Ministère de la Défense.
- Powershift and strategic adjustement in French military engagement in Central Africa, article de Anatole Ayissi, dans African Journals (1999).
- Question à l'Assemblée nationale française sur le coût des opérations extèrieures (OPEX et missions humanitaires) par Eric Raoult et réponse du ministère le 7/12/2004)
- L'armée française sur tous les fronts (article MFI-hebdo du 15/9/2006).
- Les opérations d'évacuation des ressortissants (document ECPAD juin 2009). Document technique mais avec de nombreuses photos.
- Chronologie des interventions françaises en Afrique établie par le quotidien Le Monde (1983-2006)

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Commentaires

 
Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.