Attentat de Kampala : la revendication des Shebab semble authentique

Le dispositif explosif découvert sur un gilet qui n'a pas explosé, utilisé lors du double attentat à la bombe de Kampala. Il a été présenté par la police ougandaise au cours d'une conférence de presse, le 13 juillet 2010.
© Photo: Stringer / Reuters

L’enquête progresse à Kampala après le double attentat qui a frappé dimanche soir, 11 juillet 2010, deux restaurants, tuant 76 personnes selon les derniers bilans. Des explosifs intacts ont été retrouvés dissimulés dans une sacoche d'ordinateur portable sur un troisième site, une boîte de nuit de la capitale ougandaise. L'attentat a été revendiqué à Mogadiscio par les Shebab, la milice islamiste qui contrôle désormais la majeure partie de la Somalie. Une revendication jugée crédible par les experts, même si c'est la première fois que les Shebab frappent hors de Somalie. La montée en puissance de jihadistes étrangers au sein du mouvement explique l'apparition de ces méthodes terroristes.

En décembre 2009 un attentat suicide à Mogadiscio a tué 25 personnes. L’émotion fut immense dans l’opinion et jusque dans les rangs des miliciens shebab, peu accoutumés jusqu’alors à ce type d’acte terroriste.

A partir de là, chacun a pris conscience que le noyau de combattants jihadistes arrivés de l’étranger, venait de prendre les rênes du mouvement. Ces jihadistes ont importé des méthodes terroristes violentes et ils ont affilié les Shebab aux réseaux al-Qaïda. Cette montée en puissance des étrangers est le fait de l’émir du mouvement, Ahmed Abdi Godane.

« Il s’est appuyé sur ces jihadistes pour prendre le pouvoir et écarter les éléments jugés trop modérés », affirment les experts d’International Crisis Group. Le centre de recherche américain estime que plusieurs centaines de combattants étrangers sont présents au sein des Shebab. La plupart viennent du monde arabo-musulman et de la diaspora somalienne. On y trouve des Pakistanais, des Tchétchènes, mais aussi des Somaliens du Kenya, d’Europe ou d’Amérique. S'ils sont moins nombreux que les combattants locaux, ils possèdent en revanche une expérience, un équipement et des ressources financières qui leur assure un certain leadership sur les commandants locaux.

Reste que la conception radicale et l’obscurantiste de l’islam véhiculée par les jihadistes étrangers ne les rend pas populaires, ni auprès des populations ni auprès des combattants locaux. D'ailleurs certains analystes estiment qu’un schisme au sein du mouvement n’est plus qu’une question de temps.

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