La mort de Pius Njawé : le Cameroun et les médias en deuil


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Enorme émotion à Douala dans la corporation des journalistes après le décès tragique de Pius Njawe. Le journaliste camerounais, fondateur du quotidien Le Messager et un des pionniers de la presse indépendante au Cameroun, est décédé lundi 12 juillet 2010, dans l'après-midi, dans un accident de la circulation aux Etats-Unis. Le siège de son journal est assiégé depuis hier par des confrères et diverses personnalités qui passent apporter soutien et réconfort aux employés.

Le ballet des journalistes a duré toute la journée au siège du Messager. Son rédacteur en chef, collé au téléphone, ressasse le récit des circonstances de l’accident aux nombreux visiteurs qui accourent. Les hommes politiques viennent aussi aux nouvelles et, entre deux sanglots, le doute s’installe sur la version de l’accident rapportée par les médias comme en témoigne le premier secrétaire du syndicat des journalistes du Cameroun, Alex Azebaze. Il s'étonne des circonstances du carambolage qui a coûté la vie au fondateur du journal...  Dans la salle de rédaction, quelques photos de Pius Njawé sont épinglées sur les murs. Ses collaborateurs les contemplent, comme pour y trouver l’énergie nécessaire pour transcender leur émotion.

Malgré leur chagrin, quelques uns s’affairent à la fabrication de l’édition du lendemain. Un journaliste témoigne : « Je parle au nom de mes camarades de la rédaction et je prends l’engagement pour nous tous de continuer ce combat ». Quelques heures à peine après le décès de son fondateur, le journal Le Messager, œuvre de toute une vie, a déjà engagé son combat pour sa survie.

… journaliste de talent, iconoclaste, que l’on peut qualifier de pionnier de liberté de la presse au Cameroun. Il a commencé dans ce métier en 1979… la presse privée écrite en particulier, la presse en général a perdu l’un de ses pionniers, de ses bâtisseurs…
Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, rend hommage au talent de Pius Njawé
16-10-2013 - Par Peter Dogbe

Pius Njawé était comme une espèce de flèche sur un arc : il avait un objectif précis qu’il cherchait à atteindre… il se battait pour la liberté d’expression et il ne souffrait pas que cette expression soit bridée au Cameroun… pour moi qui étais un jeune journaliste (quand je l’ai connu) il représentait comme une icône… Le combat de Pius ne lui a peut-être pas été très profitable directement mais il a profité à nous tous…. (à ses côtés j’ai appris) le courage, la liberté… Pius Njawé pouvait dire tout haut certaines choses, il en a souffert, il est allé en prison…
Jules Koumkoum, directeur de publication du «Jeune observateur», rend hommage à son aîné et mentor
16-10-2013 - Par Olivier Rogez

 

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