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50 ans de musique africaine en coffret

En collaboration avec Syllart Productions et Discograph, RFI sort ce 19 juillet, à l'occasion des cinquantenaires des indépendances africaines, une anthologie des musiques africaines : près de 200 titres dans un coffret luxueux de 18 CDs. C'est une première dans le monde musical international.
Le coffret en lui-même est déjà un petit bijou : non seulement il offre un large panorama de la musique africaine des cinquante dernières années mais il propose un livret conséquent, en anglais et en français, qui établit une synthèse des courants musicaux des différentes régions (Afrique du Nord, Afrique de l'Ouest, Afrique australe, Afrique lusophone, Afrique de l'Est et Afrique centrale). Le néophyte peut y retrouver son chemin, en se délectant des pochettes de disques d'époque.
Dans la compilation (3 CDs par région), il y a les classiques comme Ghanili Chweyi d'Oum Kalsoum, Indépendance Cha Cha de Grand Kalle, l'emblématique Pata Pata de Miriam Makeba, le révélateur Soul Makossa de Manu Dibango ou encore Ere Mela Mela de l'Ethiopien Mahmoud Ahmed mais on peut tout aussi bien se laisser aller sur le délicieux Ghana Freedom des musiciens ghanéens M.T. Mensah, la Liberation Danse d'Abdullah Ibrahim, et le mariage musical «rumbesque» de Ba Kristo de Kekele, du côté de la République du Congo.
Les spécialistes iront traquer les absents et les irrégularités de la sélection - ceux-là iront peut-être écouter Tu m'as déçu, chouchou du Dr Nico-, mais la liste idéale des morceaux s'établit aussi en fonction des règles du droit d'auteur.
Ibrahima Sylla, le «patron» de Syllart productions, qui au début des années 80, enregistrait les premiers Baobab, Ismaël Lo, Youssou N'Dour possède le catalogue le plus complet des musiques africaines «indépendantes» (hors du circuit des maisons de productions internationales) mais ni lui, ni Pierre-Olivier Toutblanc de Discograph auquel a échu la responsabilité de la sélection, ne peuvent obtenir toutes les licences des majors. Nombreux sont, en effet, les musiciens africains qui ont rejoint les puissants réseaux.
Un grand regret des producteurs du coffret : ne pas avoir pu décrocher le mythique Asimbonamga ou Scatterlings of Africa de Savuka, le groupe de Johnny Clegg. En revanche, coup de chance : Cesaria Evoria a été «libérée», dix jours avant le pressage des CDs.
Mené sur deux ans, le projet a réuni plusieurs signatures de RFI : Daniel Lieuze (Afrique de l'Est,) Daniel Brown (Afrique australe), Amobé Mevegué (Afrique centrale), Leonard Silva (Afrique lusophone), mais aussi les journalistes Bouziane Daoudi (Afrique du Nord), collaborateur du quotidien Libération et Patrick Labesse (Afrique de l'Ouest), critique musical du journal Le Monde.
Le coffret Africa 50 years of music - 50 ans d'indépendances (60 euros) sort ce 19 juillet 2010 à New York, aux Etats-Unis, et il sera également disponible au Royaume-Uni dans les semaines à venir. C'est la première fois qu'une anthologie musicale africaine de cette ampleur est proposée sur le marché.
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À écouter sur RFI Musique : Les tcha tcha des indépendances

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Commentaires (2)
C'est pas la faute de la France
Pourquoi blâmer la France pour tout ce qui ne va pas en Afrique? Moi je pense que ce gars la qui habite dans un quartier a Abidjan ou a Benin, quand il trouve 60 euros dans sa poche, il va plutôt s'acheter son CD "bootleg" au lieu de le verser convenablement a un distributeur régulier. Vous ne pouvez vous prendre a celui meme qui rend honneur a l'artiste Africain tandis que vous, vous continuez a supporter l'industrie "bootleg" et vous criez quand quelquun d'autre saisit l'opportunite qui etait la votre.
Bizarre!
Ne trouvez-vous pas cela bizarre. En tout cas pour moi, ça l'est. Le travail est une idée géniale. Une compil de chansons africaines pour célébrer 50 ans depuis 1960. Mais quid des lieux de sortie de ce bijou? (puisque vous le dites vous-même). New York, aux Etats-Unis, Royaume-Uni. Voilà bien des noms qui résonnent, tel l'écho d'une voie lointaine et inaccessible, dans les oreilles du citoyen lambda de mon village reculé de Loko-Koukou (Bénin) ou de Pire (Sénégal). C'est dire que le bijou est fait pas pour les Africains, mais pour du "bizness". C'est implacable et il en sera ainsi tant que l'Afrique n'aura pas pris son destin en main. "C'est l'Afrique que j'aime" en mots croisés, voilà un autre bijou. Bien que je n'aie jamais touché au bouquin, quelque chose me fait croire que c'est de tonnerre. Mais Hubert Guézo, l'auteur, dit que c'est disponible en France. C'est pourtant vrai: les librairies françaises l'ont étrenné. Moi, je rêve de l'avoir, d'autres encore veulent en faire cadeau à leurs enfants. Sauf que la France, ce n'est pas Sandaga ou Tilène où tu peux te rendre en empruntant un car rapide ou un Ndiaga Ndiaye ni le marché de Dantokpa où tu peux te rendre avec ton zémidjan. Pourquoi? Pourquoi nous faites çà? Ce qui devait nous être accessible en premier, on va faire son lancement à Kuala Lumpur. C'est aberrant!
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