Centrafrique : Birao, une région sous tension permanente

République centrafricaine.
© RFI

Les affrontements qui ont eu lieu lundi 19 juillet 2010 dans la ville de Birao, en Centrafrique, ont fait au moins deux morts dont un militaire des forces armées centrafricaines (FACA). Les FACA ont repoussé l'attaque revendiquée par la CPJP. Une attaque lancée sur un lieu stratégique puisque Birao abrite une base de l'armée, des soldats de la MINURCAT et des antennes de plusieurs ONG venant en aide aux réfugiés du Darfour. Une région, celle de la Vakaga frontalière du Tchad et du Soudan, marquée par une insécurité chronique.

L'attaque sur Birao a, selon plusieurs sources, été menée par une alliance entre des rebelles du CPJP et des combattants du MLCJ en rupture avec Abacar Sabone. Les premiers veulent toujours venger la mort de Charles Massi mais ils entendent également pousser les autorités à ouvrir des négociations. Ces combats étaient donc pour la CPJP, une occasion de mettre la pression sur Bangui.

Les objectifs des dissidents du MLCJ sont moins clairs. Selon certains, des combattants démobilisés ont voulu montrer leur mécontentement après avoir été oubliés lors du versement d'une prime. D'autres sources indiquent que des supplétifs tchadiens ou soudanais de ce mouvement ont fait le coup de feu pour ne pas être ignorés lors du DDR.
Plus généralement, depuis plusieurs mois, les tensions communautaires ont été exacerbées dans la zone. Le contrôle des richesses locales mais aussi du trafic routier génère des dissensions que les autorités ne font rien pour empêcher.

Simon Ashmore, chef de la délégation du CICR
20-07-2010

Entre les multiples groupes rebelles, les forces gouvernementales, les coupeurs de route ou les rébellions soudanaises et tchadiennes désormais indésirables dans leurs ex-pays d'accueil, la région de la Vakaga est aujourd'hui une zone où seule la loi des armes prévaut. Pour les populations civiles apeurées, la seule solution est de trouver refuge à Birao. Problème, les champs ne sont plus cultivés et les humanitaires par crainte des rackets et des enlèvements se font rares.

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.