Echec d'une tentative de libération de l'otage français Michel Germaneau au Mali


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Une opération militaire destinée à libérer l'otage français Michel Germaneau, détenu par AQMI depuis le mois d'avril, aurait échoué ce jeudi matin 22 juillet 2010. Le Français, âgé de 78 ans, est détenu dans le Nord du Mali. Le raid a été mené par l'armée mauritanienne et un communiqué du ministère français de la Défense a indiqué que la France avait apporté un « soutien technique et logistique » à l'opération. Les sites des journaux espagnols El País et ABC, qui ont rapporté l'affaire, précisaient d'ailleurs que des militaires français auraient participé à l'opération.

La France a apporté « un soutien technique et logistique » à l'opération mauritanienne contre le groupe al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), un groupe lié à l'enlèvement du Français Michel Germaneau enlevé en avril au Niger, a affirmé vendredi le ministère de la Défense. Le ministère de la Défense confirme que « des moyens militaires français ont apporté un soutien technique et logistique à une opération mauritanienne destinée à prévenir une attaque d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) contre la Mauritanie », indique un communiqué du ministère.

« Le groupe de terroristes visé par l'armée mauritanienne est celui qui a exécuté l'otage britannique voici un an et qui refuse de donner des preuves de vie et d'engager le dialogue en vue de la libération de notre compatriote Michel Germaneau », ajoute le
ministère de la Défense. (AFP) 

La zone qui a été attaquée est celle où se trouvait l’otage français Michel Germaneau. Sur le terrain, de fins connaisseurs de la région n’hésitent pas à dire que « aiguillonnée par Paris, l’armée mauritanienne a tenté, sans succès de libérer l’otage français ».

« Lorsque les militaires ont débarqué à l’endroit où était censé être Michel Germaneau, il n’était pas là », explique une source fiable. Et elle ajoute : « Sûrement que sentant apparaître un danger, les ravisseurs de l’otage français, lui ont fait changer de planque ». 

L'armée mauritanienne a mené un raid contre al-Qaïda dans le nord du Mali avec l'aide de « pays amis » pour « chercher l'otage français » Michel Germaneau, mais ne l'aurait « pas vu sur place », ont affirmé à l'AFP des sources militaires et sécuritaires mauritaniennes et maliennes.

« La France était au courant de l'opération avant son déroulement. Maintenant la question est de savoir son degré d'implication », avait déclaré de son côté un médiateur malien impliqué dans de nombreuses libérations d'otages européens dans la région.
« Ce que je sais, c'est que ce sont les Mauritaniens qui sont allés dans le Sahara, là où était censé être détenu l'otage français (dans le nord du Mali, ndlr). Il semble qu'ils seraient allés chercher l'otage français mais qu'ils ne l'auraient pas vu sur place », a-t-il ajouté. Interrogé sur la présence de militaires français, cette source malienne a déclaré : « Je n'ai pas entendu parler des Français. Je sais qu'il y avait au moins les Mauritaniens, ça c'est sûr ».

La France partie prenante

Les quotidiens espagnols El País et ABC ont pour leur part affirmé jeudi soir, 22 juillet 2010, sur leurs sites internet qu'une opération militaire française visant à libérer l'otage français d'AQMI au Sahel, Michel Germaneau, avait échoué jeudi.

Six présumés terroristes ont été tués et d'autres ont réussi à fuir au cours de cette opération tôt jeudi matin en un lieu non identifié, probablement au Mali, ont écrit ces deux médias, citant des sources diplomatiques.

Cette information des médias espagnols n'avait pas été confirmée de source officielle française tard jeudi soir. « Je ne dispose d'aucun élément me permettant de commenter les informations de sites internet espagnols », a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Bernard Valero. « Depuis le début, nous sommes pleinement mobilisés pour faire libérer notre compatriote. Nous sommes aussi très préoccupés parce que nous n'avons pas reçu de demandes à ce jour des ravisseurs et que nous avons mené des efforts inlassables pour établir un contact auquel ces ravisseurs se sont refusé jusqu'à présent », avait-il alors ajouté.

L'intervention mauritanienne a en revanche été confirmée à l'AFP de sources sécuritaires concordantes en Afrique de l'Ouest, mais pas de sources officielles. Une source sécuritaire malienne a assuré à l'AFP que le Mali l'avait autorisée.

La branche maghrébine d'al-Qaïda a menacé d'exécuter Michel Germaneau, le Français de 78 ans enlevé le 19 avril au Niger. Le 11 juillet, AQMI avait menacé de le tuer dans les 15 jours si la France ne répondait pas favorablement à ses demandes d'une libération de plusieurs de ses membres détenus dans des pays de la région.
AQMI séquestre également dans cette zone deux Espagnols enlevés il y a plus de sept mois en Mauritanie, Albert Vilalta, 35 ans, et Roque Pascual, 50 ans.

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