La France confirme avoir participé à une opération pour libérer l’otage français détenu par al-Qaïda

Entraînement à balles réelles du deuxième GSI, le Groupement spécial d’intervention mauritanien. Le but : détruire un campement fictif de ravitaillement d’AQMI.
© RFI/Laura Martel

Des soldats français des forces spéciales ont bien aidé l'armée mauritanienne dans le raid mené, jeudi, contre une base d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), dans le désert du Sahara. Le ministère français de la Défense l’a confirmé ce vendredi matin 23 juillet 2010 et parle d'un « soutien logistique et technique ».

Les premières rumeurs de cette intervention militaire contre un groupe d'al-Qaïda au Maghreb islamique sont arrivées jeudi après-midi mais aucune autorité française ne voulait alors la confirmer. Finalement, ce vendredi matin, le ministère de la Défense a confirmé que des soldats français ont apporté un « soutien logistique et technique » à l'armée mauritanienne. Dans ce communiqué, le ministère français de la Défense explique que l'opération a permis de « neutraliser le groupe de terroristes » qui avait exécuté l’otage britannique Edwin Dyer il y a un an et qui « refuse de donner des preuves de vie » de l'otage français Michel Germaneau. Ce communiqué affirme par ailleurs que l'opération « a permis de faire échec à un projet d'attaque contre des objectifs mauritaniens ». 

Après l’échec de cette opération, nous sommes très inquiets.

Gaëtan Mootoo
23-07-2010

Selon nos informations, l'opération militaire franco-mauritanienne s'est déroulée dans le désert du nord du Mali. Elle visait à libérer Michel Germaneau, alors que ses ravisseurs ont menacé, le 12 juillet dernier, de l'exécuter dans 15 jours si la France ne se pliait pas à ses exigences, à savoir la libération de prisonniers en échange de l'otage. La situation de Michel Germaneau inquiète au plus haut point Paris. Outre la menace d’exécution, cet homme de 78 ans est malade du cœur et ses ravisseurs ont refusé qu’on lui transmette ses médicaments.

Quel a été le rôle exact de l'armée française dans l'opération qui s'est déroulée jeudi à l'aube ? Est-ce que ce sont des équipes du Commandement des opérations spéciales ou des membres du Service action de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) qui ont été impliqués ? On ne peut encore le dire. Selon la presse espagnole, les forces spéciales françaises, aidées par des renseignements américains, ont participé activement à cette intervention. Six terroristes ont été tués, mais l'opération a été un échec car elle n'a pas permis de libérer Michel Germaneau, ni de trouver la base où il était sensé être détenu. 

Une attaque préventive selon les Mauritaniens

Les Mauritaniens, eux aussi, communiquent maintenant sur cette opération, mais ils ne disent pas un mot en revanche sur Michel Germaneau. La version donnée, vendredi matin 23 juillet 2010 à Nouakchott, par le ministre de l’Intérieur Mohamed Ould Boilil est qu’il s’agirait d’une attaque préventive menée au nord du Mali par l’armée mauritanienne avec le soutien de la France. Pas question de forces spéciales, selon le ministre qui a affirmé que les Français n’ont aidé qu’en matière de renseignements.

Selon le ministre mauritanien de l’Intérieur, ce groupe d’AQMI prévoyait d’attaquer la base militaire mauritanienne de Bassiknou, à l’est de la ville de Nema, le 28 juillet prochain. La Mauritanie a donc choisi de frapper en premier. Le bilan serait de six combattants d’AQMI tués, quatre autres en fuite dont un blessé. Aucune perte humaine ou matérielle ne serait à déplorer du côté mauritanien. Un important stock d’armes, de munitions et de matériel de communications aurait également été découvert sur place, selon le ministre.

En revanche, aucune allusion à une quelconque tentative de libération de Michel Germaneau ou sur son sort. Pourtant, dans le communiqué du ministère français de la Défense de ce vendredi matin il est précisé que l’opération visait le groupe qui a exécuté l’otage britannique en juin 2009 et qui refuse de donner des preuves de vie de Germaneau.

L’attaque aurait donc bien été menée contre le groupe d’Abou Zeid, l’un des principaux chefs d’AQMI, censé avoir séquestré l’otage français et réputé être plus radical qu’un autre chef islamiste de la région, Moktar Belmokhtar qui détiendrait lui, les deux Espagnols enlevés en novembre 2009 en Mauritanie.

 

 

 

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