L'inquiétude grandit sur le sort de Michel Germaneau


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La France a participé jeudi 22 juillet 2010 au raid contre une base d'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) au Mali, parce qu'elle pensait tenir là une rare opportunité de libérer l'otage français Michel Germaneau, enlevé il y a trois mois au Niger. Alors que le groupe islamiste menace de l'exécuter le 26 juillet, on est toujours sans nouvelles de lui.

Michel Germaneau n'était pas sur place, lors de l’assaut contre la base d’AQMI, où les autorités pensaient que l’otage était détenu. C’est en tout cas ce qu’affirme ce samedi 24 juillet 2010 une source du ministère français de la Défense, citée par les agences de presse AFP et Reuters.

Hier, ce même ministère déclarait que Paris avait fourni un soutien logistique et technique à cette opération, et qu’elle était destinée à prévenir une attaque, programmée jeudi prochain, contre une base militaire mauritanienne.

Six islamistes auraient été tués

Aujourd’hui, la source citée par les agences déclare que le raid avait bien pour but de libérer Michel Germaneau, et que vingt à trente soldats français y auraient participé, aux côtés de militaires mauritaniens plus nombreux.

L’opération s’est déroulée à environ 150 kilomètres en territoire malien. Selon Nouakchott, six islamistes auraient été tués, quatre autres seraient en fuite. Des armes, des munitions, des appareils de communication et du matériel visant à fabriquer des bombes auraient été saisis.

Selon le ministre mauritanien de la Communication, des opérations de ratissage contre al-Qaïda ont été également menées, mais cette fois uniquement par la Mauritanie.

Abou Zeid (un des principaux chefs d’AQMI et ravisseur présumé de Michel Germaneau, ndlr) peut être considéré comme un radical sur le plan idéologique mais n’est pas un « excité » sur le plan de l’action.
François Géré
16-10-2013

Ses ravisseurs refusent de lui fournir des médicaments

C’est désormais l’inquiétude qui grandit autour du sort de Michel Germaneau. Cet ingénieur à la retraite, âgé de 78 ans, est détenu depuis le 19 avril dernier. Or, sa santé est fragile. Cet habitant de Marcoussis, près de Paris, sans conjoint ni enfant, a notamment des problèmes cardiaques, mais ses ravisseurs refuseraient de lui fournir des médicaments.

Les dernières nouvelles que l'on a de lui dateraient de la mi-mai. Sur la photo diffusée par les islamistes, il était apparu fatigué. Il disait souffrir de la chaleur. AQMI avait menacé de l’exécuter si le groupe n’obtenait pas la libération de plusieurs de ses membres. L’ultimatum expire lundi 26 juillet 2010.

Je suis partagé. S’il avait libéré, on serait tous contents et soulagés. Là ça a échoué… j’espère que cet échec ne va porter préjudice à Michel…
Daniel Duchesne, ami et ancien collègue de Michel Germaneau
16-10-2013 - Par Sébastien Nemeth
J’ai très peur (pour Michel Germaneau)…et pas trop d’espoir que ça finisse bien… mais je pense que l’on ne doit pas toujours céder (aux terroristes)
Yvana Gaillard, une amie de Michel Germaneau
16-10-2013 - Par Sébastien Nemeth


 

Officiellement, l’Algérie n’a pas réagi à l’opération menée par la France et la Mauritanie, pour tenter de retrouver vivant l'otage français Michel Germaneau, qu'al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a menacé d'exécuter à partir de lundi 26 juillet 2006. Mais certaines informations parues dans la presse indiquent que les autorités algériennes ont été informées dès mardi de ce projet d’opération, par la Mauritanie.

Si l’Algérie n’a pas participé directement à l’intervention, elle aurait cependant mis en place un appui logistique au niveau de sa frontière avec le Mali, afin d’empêcher les terroristes de s’enfuir sur son territoire.

Des hélicoptères et des unités de l’armée algérienne auraient été aperçus dans la région. Une source militaire mauritanienne a également affirmé que plusieurs pays de la région avaient collaboré à l’opération, mais sans préciser lesquels.

Pour l’Algérie, il est en effet délicat de confirmer officiellement une éventuelle participation, dans la mesure où des représailles d’al-Qaïda au Maghreb, dans le nord ou dans le sud, à moins de trois mois de l’ouverture de la saison touristique, ne seraient pas à exclure.

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