Arrestation de deux opposants au Rwanda


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La police rwandaise a annoncé, ce lundi 26 juillet 2010, avoir arrêté deux opposants. Les deux hommes sont soupçonnés d’avoir voulu « organiser une manifestation non autorisée ».

Les deux opposants arrêtés samedi 24 juillet appartiennent au parti des Forces démocratiques unifiées (FDU), une formation qui, selon la police, n'est pas encore reconnue par les autorités. Selon la police, les deux hommes, Martin Ntavuka et Anastase Hagaimana, responsables pour deux districts de Kigali, sont soupçonnés d'avoir voulu « organiser une manifestation non autorisée », prévue pour ce lundi.

Lors d’un entretien à RFI, Victoire Ingabire, la présidente des FDU, a réfuté cette version des faits. Elle a affirmé notamment que la police armée a interpellé les deux militants au moment où ils sonnaient à la porte de sa résidence et que les policiers ont ensuite « tiré les officiels dans une voiture » et les ont « tabassés et menottés ». Selon elle, les policiers « n’avaient pas de mandat de perquisition, ni de mandat d’arrêt, ni aucune pièce pour justifier ce pourquoi ils sont entrés de cette manière dans mon enclos, pour brutaliser les visiteurs ».

Victoire Ingabire a démenti les déclarations du porte-parole de la police, Eric Kayiranga, lequel avait affirmé à la radio nationale que les deux opposants « préparaient des manifestations ». Selon la présidente des FDU, aucune manifestation n’est prévue pour ces jours. Elle a ajouté : « Les t-shirts qu’ils ont trouvés dans la voiture sont des t-shirts de nos partisans. Pourquoi nos membres ne peuvent-il pas porter des t-shirts où est mentionné ‘Nous voulons la démocratie’ ? Nous voulons une justice équitable ».

De son côté, le porte-parole de la police a nié toute violence policière. Eric Kayiranga a ajouté par ailleurs que les deux hommes arrêtés samedi seront présentés au procureur mardi 27 juillet. Le Rwanda est actuellement en campagne pour l’élection présidentielle du 8 août. Le président sortant, Paul Kagame, est donné grand favori du scrutin. Mme Victoire Ingabire, qui avait voulu se présenter comme candidate, est accusée par les autorités rwandaises de nier le génocide des Tutsi de 1994.