Grave inquiétude autour du sort de l'otage français Michel Germaneau


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L'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a annoncé avoir tué l'otage français, Michel Germaneau, en réponse à l'opération militaire mauritanienne menée avec l'appui de l'armée française contre ses membres, rapporte dimanche 25 juillet, la chaîne de télévision Al Djazira. Le président Nicolas Sarkozy a convoqué un conseil restreint de Défense et de Sécurité, lundi matin, pour faire le point sur la question du sort de l'otage et discuter de la stratégie à adopter alors que l'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) menace de nouveau la France.

Al-Qaïda au Maghreb islamique affirme avoir mis sa menace à exécution et avoir tué l'otage français, enlevé il y a trois mois dans le nord du Niger. Elle a envoyé une cassette audio à la chaîne de télévision arabe Al Jazira, enregistrement dans lequel elle explique avoir exécuté cet homme de 78 ans, en représailles au raid meurtrier de jeudi qui a coûté la vie à plusieurs de ses membres

A Paris, personne ne confirme ou n'infirme la mort de Michel Germaneau. Pas assez d'éléments. Mais dans le Nord du Mali, des sources bien informées considèrent l'information comme crédible

Pour confirmer la mort de Michel Germaneau, des sources fiables, très liées aux affaires d’otages dans le Sahara utilisent des expressions suivantes : « Ils l’ont assassiné, il a été effectivement tué ». Selon les mêmes sources, c’est après le raid franco-mauritanien, sans la participation du Mali, théâtre des opérations, que le sort de l’otage français a été décidé. L'otage n’était pas sur les lieux de l’attaque. Il faut dire que dans ce vaste désert commun à plusieurs pays, les islamistes bougent beaucoup. Mais dès que les éléments d’al-Qaïda ont eu la certitude qu’au moins six de leurs camarades avaient été tués par les armées française et mauritanienne, très rapidement, ils ont pris contact avec leurs têtes pensantes basées en Algérie. La sentence est rapidement tombée.

C’est d’ailleurs le chef d’al-Qaïda dans la zone, le fameux Abou Moussab Abdelwadoud, lui-même qui a préenregistré le communiqué sans ambiguïté. Outre l’annonce de l’assassinat de l’otage français, il promet dit-il : « Une guerre totale contre la France », il cite même le nom du président Sarkozy. «C'est pour venger la mort de six frères tués dans la lâche opération de la France, déclare le chef terroriste, Nicolas Sarkozy a échoué à libérer son compatriote par cette opération mais il a, sans aucun doute, ouvert pour lui, pour son peuple, et pour son pays, l'une des portes de l'enfer», a encore déclaré le chef d'AQMI.

L’enregistrement n’a cependant pas encore été authentifié.

Dimanche soir, du côté du ministère de la Défense on ne confirme pas la mort du de Michel Germaneau. On vérifie l'information, ajoute l'Elysée. Néamoins, comme si Paris prenait déjà la menace très au sérieux, il a été demandé aux ressortissants français présents dans la zone du Sahel, d’être extrêmement prudents.

Enfin, Nicolas Sarkozy a convoqué, à 9 heures (heure de Paris), un conseil restreint de Défense et de Sécurité sur cette affaire... Autour du chef de l'Etat seront présents le Premier ministre François Fillon, celui de l'Intérieur Brice Hortefeux, celui des Affaires étrangères Bernard Kouchner et celui de la Défense Hervé Morin.
 

Un conseil de Défense et de Sécurité très spécial

Dimanche 25 juillet dans la soirée, l'Elysée, refusait encore de confirmer la mort de l'otage français Michel Germaneau. Mais la convocation d'un conseil de Défense et de Sécurité est le signe que l'affaire est prise très au sérieux au plus haut niveau.

Ce lundi matin, Nicolas Sarkozy, va s'entretenir avec ces ministres de la Défense et de l'Intérieur et des Affaires étrangères. Le Premier Ministre François Fillon sera également là.

Même si l'Elysée ne le précise pas, il est fort probable que les patrons de la DGSE, le service de contre-espionnage français, ou de la direction du Renseignement millitaire, seront également présents, tout comme le chef d'état-major des armées, et surtout le chef d'état-major particulier du président Sarkozy, le général Benoît Puga, un habitué des opérations en Afrique qui fut au début des années 2000 directeur du renseignement militaire et commandant des opérations spéciales. Il donc certainement joué un rôle important dans les évènements de ces derniers jours.

Mais si le dossier semble avoir été «pris en main» par l'Elysée, depuis la semaine dernière c'est le silence radio du côté de la présidence française concernant, aussi bien, le sort de l'otage, que l'opération franco-mauritanienne, menée jeudi dans le nord du Mali.

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