Nicolas Sarkozy confirme la mort de Michel Germaneau

Nicolas Sarkozy a condamné l’exécution de Michel Germaneau qu’il a qualifiée d’ « acte barbare et odieux ».
© Reuters / Philippe Wojazer

Le président Sarkozy a confirmé lundi 26 juillet la mort de l'otage français Michel Germaneau dont l'exécution avait été annoncée dimanche par le groupe al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI). « Ce crime ne restera pas impuni », a martelé le président de la République qui a condamné un terrorisme barbare et demandé à tous les ressortissants français d'éviter la zone sahélienne. AQMI avait justifié l'exécution de Michel Germaneau en parlant de représailles à une opération militaire mauritanienne menée contre ses membres avec l'appui de l'armée française.

On s’y attendait, mais on gardait toujours espoir.

Yvana Gaillard
26-07-2010

Je me demande s’il n’était pas déjà mort.

Daniel Duchesne
26-07-2010

En confirmant la mort de l'humanitaire français, Michel Germaneau, le président de la République a condamné « un acte odieux et barbare ». « Nous avons affaire à des gens qui n'ont aucun respect pour la vie humaine, ils ont assassiné de sang-froid un homme de 78 ans, ce crime ne restera pas impuni », a conclu Nicolas Sarkozy.

Un message de fermeté qui rappelle les déclarations menaçantes de certains responsables américains, britanniques ou israéliens mais que l'on retrouve rarement dans la bouche d'un chef d'Etat français. Cela dit, avec la mort de Michel Germaneau, c'est la première fois depuis depuis plus de 20 ans et la mort, en 1986, du chercheur Michel Seurat au Liban que la France ne parvient pas à récupérer vivant l'un de ses ressortissants pris en otage. Que ce soit par la négociation ou par la force. Enfin, jamais dans une affaire de prise d'otage, Paris n'a mené de représailles millitaires contre les ravisseurs.

L'opération la plus spectaculaire, mais pas forcément la plus efficace, ayant eu lieu en 1983 lorsque la France avait bombardé les positions « islamistes » dans la plaine de la Bekaa en reponse à l'attentat de l'hôtel Drakkar à Beyrouth dans lequel 58 parachutistes français avaient été tués.

Au cours de son allocution, depuis l'Elysée, le président de la République n'a pas donné de détails concernant les circonstances de la mort de l’otage d’AQMI, Michel Germaneau. Dimanche, 25 juillet 2010, en début de soirée, dans un enregistrement diffusé par la chaîne Al Jazira, l'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) avait affirmé avoir « exécuté » l'otage français en représailles au raid franco-mauritanien mené jeudi 22 juillet dans lequel six membres de l'organisation ont été tués. Et c'est là toute la question, l’otage a-t-il été exécuté en réponse à cette opération, ou était-il déjà mort lorsque l'opération a été lancée?

On sait que Michel Germaneau, âgé de 78 ans, était de santé fragile, malade du cœur ; il était sous traitement mais ne recevait plus de médicaments. Plusieurs sources, particulièrement au Mali, faisait état de la mort de l'otage français depuis plusieurs jours. « Nous sommes intervenus car nous étions sûrs qu'il allait être exécuté », a martelé le président Sarkozy.

 
La dernière preuve de vie de Michel Germaneau remontait à la mi-mai
 

L’objectif de cette opération (le raid franco-mauritanien du 22 juillet, ndlr) n’était pas, initialement, la libération de l’otage.

Alain Antil
26-07-2010

L'organisation al-Qaïda au Maghreb islamique avait laissé jusqu'a ce lundi 26 juillet aux autorités françaises pour satisfaire à ses revendications ; on évoquait la libération de certains membre d'AQMI, emprisonnés dans la région. Des revendications qui étaient restées floues, « aucune demande précise ne nous est parvenue », affirmait hier encore le Quai d'Orsay.
 

« Cet ultimatum n'était qu'un assassinat programmé », a affirmé le président de la République. Nicolas Sarkozy a enfin annoncé, que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner allait se rendre à Niamey, Nouakchott et Bamako, pour discuter de la situation. « Nous demandons à nos compatriotes de renoncer absolument à voyager dans la zone sahélienne », a encore dit le président de la République.

 

Germaneau, un retraité qui voulait « tout le temps aider »

A 78 ans, Michel Germaneau était un retraité très actif. Domicilié à Marcoussis, en région parisienne, cet ancien ingénieur vivait sans conjoint ni enfant et s'était engagé dans l'action humanitaire. Il faisait notamment partie de l'association Enmilal, créée en 2006, et spécialisée dans le soutien à la scolarisation et à la santé. « Michel était notre conseiller technique. Il voulait tout le temps aider », a déclaré Yvonne Montico, la présidente de l'association.

Michel Germaneau était allé voir le fonctionnement d'une école ouverte en 2009 par Enmilal dans le village d'In-Abangharet, au nord du Niger. C'est en quittant cette localité qu'il s'est fait enlever le 19 avril 2010.

Durant sa carrière, le Français avait travaillé pour diverses entreprises en tant qu'ingénieur électronicien. « Il a beaucoup voyagé, à Mururoa en Polynésie française, mais également au Brésil, au Gabon. Il a notamment participé à la construction du train transgabonnais », a indiqué Pierre Duprat, l'un de ses amis de longue date.

Originaire de la région de Bordeaux, dans le Sud-Ouest de la France, Michel Germaneau était un passionné de ski et de montagne. Récemment on lui avait diagnostiqué des problèmes cardiaques mais il était toujours très en forme a déclaré l'une de ses amies.

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