L’Afrique du Sud a rappelé pour consultations son ambassadeur au Rwanda

Le général Faustin Kayumba Nyamwasa avait été blessé par balles à l'estomac, le 19 juin dernier.
© AFP/MARCO LONGARI

Le gouvernement de Pretoria a décidé de rappeler son ambassadeur à Kigali pour « consultations », a annoncé jeudi 5 août 2010 le ministère sud-africain des Affaires étrangères. Cette décision a été prise après la tentative d'assassinat, en juin dernier, de l’ancien chef d'état-major de l'armée rwandaise, le général Faustin Kayumba Nyamwasa, refugié en Afrique du Sud depuis bientôt six mois.  

Le général Faustin Kayumba Nyamwasa avait été blessé par balles à l'estomac, le 19 juin dernier, par un inconnu devant son domicile de Johannesburg. Cinq hommes, dont la nationalité n’a pas été divulguée, ont été ensuite arrêtés et inculpés de meurtre par la justice sud-africaine qui enquête pour savoir s’ils se trouvaient légalement dans le pays. L’épouse du général avait accusé le régime rwandais d’être derrière cette tentative d’assassinat, ce qui a été démenti par Kigali.

Le rappel pour consultations de l’ambassadeur sud-africain au Rwanda ne veut pas dire pour autant que les relations diplomatiques sont rompues entre les deux pays. Le directeur général du ministère sud-africain des Affaires étrangères, Ayanda Ntsaluba, a été catégorique à ce sujet en précisant qu’il n’y a « pas de rupture des relations diplomatiques ». Pretoria et Kigali discutent et cherchent à comprendre comment travailler sur leurs relations. Reste que rappeler un ambassadeur pour consultations, en langage diplomatique, c’est généralement pour afficher officiellement sa désapprobation.

A l’origine de cette décision il y a donc la tentative de meurtre, en juin dernier, du général rwandais en exil Faustin Kayumba Nyamwasa. L’Afrique du Sud l’a bien dit, tout en prenant bien soin de préciser qu’il ne faut pas faire de lien entre cette tentative d’assassinat et le gouvernement rwandais. En revanche, explique-t-on à Pretoria, la présence de certains Rwandais en Afrique du Sud a clairement fait « monter la température » entre les deux pays.

Mais ce n’est pas tout à fait de cette façon que les autorités rwandaises présentent les événements. A Kigali, le secrétaire permanent du ministère des Affaires étrangères a estimé qu’il n’y a pas là matière à s’alarmer, pas de blocage entre le Rwanda et l’Afrique du Sud, pas de tension. Et qu’il est normal pour un pays de rappeler son ambassadeur pour consultation.

 

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