En Sierra Leone, les victimes veulent que les «diamants de sang» profitent au pays

Naomi Campbell prête serment devant le tribunal spécial pour la Sierra Léone, le 5 août 2010.
© Reuters

Que faire désormais des diamants qui auraient été offerts à Naomi Campbell, il y a treize ans, en Afrique du Sud ? Ces pierres que certains pensent  être des « diamants de sang », offerts par l'ex-président libérien Charles Taylor ont aussi servi au financement de la guerre civile en Sierra Leone.

L'audition, le 5 août 2010, du top modèle britannique Naomi Campbell, devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) relance le débat sur les fonds et les biens détournés pendant la guerre civile (1991-2002). Interrogée dans le cadre du procès de Charles Taylor, poursuivie pour crimes contre l'humanité et crimes de guerre, elle avait reconnu avoir reçu des diamants en cadeau, en affirmant, toutefois, ne pas connaître l'auteur du cadeau. Mais suite à sa déposition, l'actrice américaine, Mia Farrow et Carole White, l'ancien agent du top modèle, avaient affirmé que les diamants avaient été offerts par l'ex- président du Libéria. 

Naomi Campbell avait aussi expliqué avoir remis les diamants à Jeremy Ratcliffe, qui dirigeait alors la Fondation Mandela en faveur des enfants. Quelques heures après les déclarations du top modèle, le 5 août, il avait remis les diamants à la police sud-africaine, qui procède toujours à l'analyse de leur provenance. Mais en Sierra Leone, la commissaire aux droits de l'homme, Yasmin Jusu-Sheriff, estime que ces diamants devraient rentrer au pays et bénéficier aux victimes de la guerre civile.

Toute ressource, provenant du conflit en Sierra Leone, devrait être utilisée au bénéfice des victimes de la guerre (...) Il ne faudrait pas que ces pierres disparaissent, ou qu'on nous dise qu'elles n'appartiennent à personne.

Yasmin Jusu-Sheriff, commissaire sierra-léonaise aux droits de l'homme
13-08-2010

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.