Anniversaire des indépendances africaines - 
Article publié le : samedi 14 août 2010 à 15:55 - Dernière modification le : lundi 25 octobre 2010 à 14:07

Cinquante ans d'indépendance du Congo-Brazzaville : la malédiction de l'or noir

Brazzaville. 15 août 1960. Le ministre de la Culture André Malraux (g), l'abbé Fulbert Youlou (c) et le colonel Daboval (d) lors de la cérémonie de l'indépendance du Congo-Brazzaville.
Brazzaville. 15 août 1960. Le ministre de la Culture André Malraux (g), l'abbé Fulbert Youlou (c) et le colonel Daboval (d) lors de la cérémonie de l'indépendance du Congo-Brazzaville.
© AFP

Par RFI

Pays pétrolier, la République du Congo, ou Congo-Brazzaville, est une illustration du «paradoxe de l’abondance» : les revenus de l’or noir, qui ont financé voire provoqué plusieurs guerres civiles, ont contribué à aggraver la pauvreté de la population au lieu de l’éradiquer.

Le territoire de la République du Congo, État d’Afrique centrale qui doit son nom au fleuve Congo et à l’explorateur Savorgnan de Brazza, est délimité à l’ouest par le Gabon avec une étroite façade sur l’océan Atlantique où se trouve la capitale économique, Pointe-Noire, et les plate-formes pétrolières off-shore, au nord par le Cameroun et la République centrafricaine, à l’est et au sud par la République démocratique du Congo, ex-Zaïre, dont le séparent les fleuves Congo et Oubangui. Plus de la moitié de la superficie du pays - 342 000 km2 - est recouverte de forêts.

Le Congo ancien était constitué de plusieurs royaumes, dont l’«empire» du Kongo jusqu’à la fin du XIXe siècle, avant le début de la colonisation française. En 1910, la région alors appelée «Moyen-Congo» devient une colonie de l'Afrique équatoriale française (AEF). C’est alors qu’est entreprise la construction du fameux chemin de fer Congo-océan, au prix de milliers de vies humaines. L’indépendance est acquise en 1960, dans un climat d’affrontements entre mouvements politiques à base ethnique, avec l’abbé Fulbert Youlou à la tête de l’Etat.

Depuis son indépendance en 1960, le pays a connu une histoire mouvementée, caractérisée par une instabilité politique presque chronique. Coups d'État militaires, assassinats des présidents et régime autocratique de parti unique ont jalonné le chemin difficile vers la voie du multipartisme, de la démocratie.

Dès l'indépendance, les partisans du Mouvement social africain (MSA) de Jacques Opangault et de l'Union démocratique de défense des intérêts africains (UDDA) de l'abbé Fulbert Youlou s'affrontent à l'issue d'un scrutin remporté par ce dernier.

31 décembre 1969
 

Création du parti congolais du travail. Discours de Marien Ngouabi.

13/08/2010
par Service Documentation RFI
 
 

Le 16 août 1963, Alphonse Massamba-Débat renverse Fulbert Youlou et s'installe à la tête d'une révolution qui donne naissance au Mouvement national de la révolution (MNR) comme seule force politique à l'intérieur d'un système de parti unique. Des tensions apparaissent au sein du MNR en 1968. Pour se maintenir au pouvoir, Alphonse Massamba-Débat est obligé de composer avec ses opposants. Supplanté par le Conseil national de la Révolution, le président décide de se retirer. Le chef de l'armée, Marien Ngouabi, membre du comité central du MNR, le rappelle à ses fonctions. Il accepte de reprendre sa place. Marien Ngouabi prend la tête du CNR. Plusieurs officiers de l'armée font partie du nouveau gouvernement. Le 4 septembre 1968, le CNR met le président à la porte. Il s'agit bien d'un putsh militaire. Marien Ngouabi devient président. Il crée le parti congolais du Travail (PCT). Le régime se radicalise. Le pays change de drapeau et d'hymne national.  Marien Ngouabi, âgé de 39 ans, est assassiné le 18 mars 1977. Alphonse Massamba-Débat est accusé d'avoir organisé son assassinat. Condamné à mort par une cour martiale, il est exécuté le 25 mars 1977.

Jacques Joachim Yombi Opango, membre du bureau politique du PCT prend le pouvoir pour deux ans, et est renversé en 1979 par Denis Sassou Nguesso, lui aussi membre du bureau politique du PCT. Il est élu en 1984.

En 1990, la dégradation économique du pays, accentuée par la baisse du prix du pétrole, débouche sur l’organisation d’une conférence nationale et l’adoption d’une nouvelle Constitution.

Dossier spécial 50 ans des indépendances africaines
© J-B. Pellerin

La première élection présidentielle démocratique de 1993 amène le professeur Pascal Lissouba, président de l'Union panafricaine pour la démocratie sociale (UPADS) au pouvoir. Mais en 1993, des troubles éclatent. Ils opposent le pouvoir et l’opposition jusqu’en 1995.  Deux ans plus tard, la guerre civile reprend, avec des combats entre l’armée et la milice de l’ancien président Denis Sassou-Nguesso.

En octobre 1997, victorieux, Sassou-Nguesso se proclame président. Fin 1998, de violents accrochages opposent de nouveau l'armée congolaise aux «Ninjas», les miliciens de Bernard Kolélas, ancien Premier ministre de Lissouba et maire de Brazzaville. L'armée angolaise aide finalement Sassou-Nguesso à conserver le pouvoir.
En décembre 1999, un accord de paix est conclu entre toutes les factions armées. En 2002, Denis Sassou Nguesso est élu président de la République pour un mandat de sept ans.Il se maintient encore au pouvoir à l'issue du scrutin de juillet 2009.

21 mai 2004

Le président Denis Sassou Nguesso, au micro de RFI, réfute la disparition des réfugiés Congolais en mai 1999. (extrait du journal Afrique RFI).
Entre avril et juin 1999, des Congolais du Congo-Brazzaville réfugiés du fait de la guerre civile dans la région du Pool ou en République démocratique du Congo (RDC), sont revenus vers Brazzaville par le port fluvial, suite à la signature d’un accord tripartite entre la RDC, la République du Congo et le Haut Commissariat aux réfugiés, définissant un couloir humanitaire censé garantir leur sécurité. A leur arrivée à Brazzaville, des centaines de personnes ont été arrêtées par des agents publics pour interrogatoire et ont disparu, sans que l’on sache, encore aujourd’hui, ce qui leur est arrivé.

 

13/08/2010 par Service Documentation RFI

La normalisation des relations avec le pasteur Ntumi, chef d’une milice dans le Pool (une région encore peu représentée au Parlement), de même que la réconciliation avec l’opposition en exil restent parmi les défis à relever pour un régime qui a laissé entrevoir une volonté de libéralisation, une fois la stabilité assurée.

ECONOMIE

Enjeu des guerres civiles qui ont déchiré le Congo, le pétrole, exploité depuis 1972, représente 60% de son PIB et plus de 85% de ses recettes d'exportation. En perte de vitesse à la fin des années 90, sa production a été relancée en 2004 avec la découverte de nouveaux champs pétrolifères. Avec plus de 100 millions de barils/an en 2009, le pays se place au 39e rang des producteurs mondiaux, 6e rang des pays producteurs d'Afrique centrale, derrière le Nigeria, l'Angola, la Guinée équatoriale, le Gabon et la République démocratique du Coongo. En 2008, le PIB du Congo était de 10,7 milliards de dollars. 

Régulièrement dénoncées pour leur gestion opaque des recettes pétrolières, les autorités congolaises ont annoncé leur adhésion, en 2004, à l'Initiative pour la transparence des industries extractives (EITI). Le bois consitue la deuxième ressource naturelle du pays*. La population ne profite pas cependant des revenus générés par les secteurs pétroliers et forestiers : les deux tiers des 4 millions de Congolais vivent toujours en-dessous du seuil de pauvreté. 

La dette extérieure du Congo (1,9 milliard de dollars) a été effacée en janvier 2010, après six années de dures négociations dans le cadre de l'initiative PPTE (pays pauvre très endetté).

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* Le rapport 2007 de l'association Global Witness sur la filière forestière du Congo-Brazzaville.
et aussi : Le paradis perdu des diamants de la guerre (article RFI 13/8/2004)

Source : Les 100 clés de l'Afrique. Philippe Leymarie et Thierry Perret. Co-édition Hachette Littératures/RFI. 2006. Actualisation, août 2010.

Et aussi : le site officiel du Cinquantenaire du Congo-Brazzaville.

 

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Depart de youlou et depart de Massamba

Le président Massamba Debat n'a jamais renversé le president fulbert Youlou. Ce dernier a été mis à la porte par les événements de trois journées glorieuses (13, 14, 15 aout 1963) et révolutionnaires menés par les syndicalistes congolais. Quand cela se passe, Massamba Debat est hors de Brazzaville et totalement absent de la situation. Il a été ramené à Brazzaville par un officier congolais proche de lui (même region) après que Youlou avait déjà démissionné. Enfin, Massamba n'a jamais comploté pour le départ de youlou.

De même, le Commandant Marien Ngouapi alors capitaine n'a jamais fait un coup d'état contre Massamba Debat.Le Chef de la Révolution congolais socialiste recardrée a plusieurs suppléer Massamba Debat de rester au pouvoir quand celui-ci voulait quiter le pouvoir. Le départ de Massamba était volontaire et non un départ sous pression. Ce n'était pas un putsch militaire.

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