Guinée Bissau - 
Article publié le : jeudi 19 août 2010 à 17:09 - Dernière modification le : jeudi 19 août 2010 à 17:27

Conférence nationale pour la paix et le développement en Guinée Bissau

Malam Bacai Sanah, le président de Guinée Bissau
Malam Bacai Sanah, le président de Guinée Bissau
AFP/ JOAO CORTESAO

Par RFI

Le Parlement de Bissau a ouvert ce jeudi 19 août 2010 un dialogue national avec les partis politiques, l'armée, les syndicats et des organisations de la société civile. Il s'agit de parler de l'avenir du pays et des causes des conflits qui s’y sont produits depuis plusieurs années.

« Pays à la dérive, cherche solution pour sa stabilité politique », c'est ainsi qu'on pourrait définir le dialogue national ouvert à Bissau sur l'avenir du pays. Cette conférence réunit l'ensemble des Bissau-Guinéens : responsables de partis politiques, de l’armée, des syndicats et des organisations de la société civile. Le dialogue devrait durer six mois.

L’objectif affiché par le président Malam Bacai Sanha, qui en est le président d'honneur, est d’écouter les Bissau-Guinéens sur les causes profondes des conflits qui ont émaillé l'histoire politique de leur pays et proposer des solutions. Il faut dire que la Guinée Bissau est régulièrement en proie à des violences, provoquées le plus souvent par des militaires. Le renversement, en avril dernier, du chef des armées par son adjoint le général Antonio Indjai est le dernier soubresaut d'une longue série d'incidents ayant impliqué des militaires.

Le 2 mars 2009, le président Joao Bernardo « Nino » Vieira a été tué par des soldats, quelques heures seulement après l'assassinat du chef d'état-major de l'armée Tagmé Na Wayé. En fait, aucun des trois présidents élus entre 1994 et 2009 n'a terminé son mandat, ayant été, soit renversés par l'armée, soit tués par des militaires. Cette situation a facilité les activités des trafiquants de drogue qui ont fait de ce pays une plaque tournante en Afrique de l'Ouest.

Aujourd'hui, le gouvernement de Bissau est favorable à l'envoi d'une force étrangère pour aider à stabiliser le pays. Mais sa venue est mal perçue par l'armée nationale. Le général Antonio Indjai, le nouveau chef d'état-major, l'a fermement affirmé : « L'armée n'est pas d'accord avec l'arrivée d'une mission de stabilisation ». Mais il a tempéré aussitôt : « Elle obéira si le gouvernement la réclame ». Quant à l'opposition, elle ne voit pas l'utilité d'une telle force. Ce sujet sera certainement à l'ordre du jour de ce dialogue national.

 

tags: Défense - Drogue - Droits de l’homme - Guinée Bissau
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