Il y a 50 ans, le Sénégal quitte la Fédération du Mali

Dakar. Place de l'Indépendance.
© (CC) Serigne Diagne/Flickr

«Mon sa reew» (indépendance, en wolof) : le Sénégal l'a proclamé à deux reprises : une première fois au sein de la Fédération du Mali, le 20 juin 1960 et deux mois plus tard, le 20 août quand le Sénégal rompt tous les accords de transfert de compétence à cette fédération. Malgré son échec, de nombreux historiens considèrent que l'expérience de la Fédération du Mali était un pas important pour le panafricanisme.

17 décembre 1956
16-10-2013

 

Créée le 14 janvier 1959, la Fédération du Mali est une tentative de regroupement entre deux membres de l’Afrique occidentale Française (AOF) : le Sénégal et le Soudan français (actuel Mali). Tous deux ratifient une Constitution et forment un gouvernement fédéral. Le Sénégalais Léopold Sédar Senghor dirige l’Assemblée, le Malien Modibo Keita est élu président du gouvernement.


Après plusieurs mois de négociations avec le général de Gaulle, des délégations du Soudan français, du Sénégal et de la France signent le 4 avril 1960 des accords de dévolution de pouvoirs de la Communauté à la Fédération du Mali, et le 20 juin 1960, cette entité proclame son indépendance.
C’est un coup d’accélérateur pour la vague d’émancipations sur le Continent. Malgré les espérances qu’elle suscite, la Fédération du Mali montre rapidement des signes de faiblesse.
 
Le professeur Iba Der Thiam, historien et homme politique sénégalais, résume ainsi cette période : «la Fédération du Mali a été aussi courte parce qu’il y a eu des rivalités politiques sur un enjeu de taille : la nomination d’un président de la République du Mali. Le Soudan souhaitait avoir une indépendance à peu près aussi respectable que celle de la Guinée ou du Ghana, et il craignait qu’à travers Senghor, on ne nous entraine dans un processus de collaboration avec l’ancien colonisateur.»

Les désaccords sur la désignation de ces responsables s’accentuent. Le 20 août, l’Assemblée vote l’indépendance du Sénégal.