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Libération des deux otages espagnols en Mauritanie

La joie en Espagne, après la libération, lundi 23 août 2010, des deux humanitaires qui ont passé 8 mois aux mains d'al-Qaïda. Roque Pascual et Albert Vilalta se trouvent désormais en zone sûre et ils doivent arriver à Barcelone dans la nuit par avion. Les deux hommes avaient été enlevés en novembre dernier en Mauritanie, sur la route de Nouadhibou. Ils avaient été capturés en même temps qu'Alicia Gamez, une troisième otage, libérée, elle, au mois de mars.
Dans cette affaire, la prudence a été de mise jusqu'au bout notamment chez les officiels espagnols.
Depuis dimanche soir, 22 août, on a eu l'impression d'assister à un film en accéléré. Une fois l'accord de leur libération acquis, les deux otages espagnols ont voyagé de nuit, en voiture, jusqu'à la frontière entre le Mali et le Burkina. C'est justement quelque part à cette frontière que les autorités espagnoles ont pré-positionné un hélicoptère pour les transporter jusqu'à Ouagadougou.
Il faut dire que c'est Mustapha Chafi, le conseiller du président burkinabé qui a été au cœur des négociations avec AQMI. Il s'est à plusieurs reprises rendu dans la zone, y compris ces dernières heures.
Madrid, on le sait, a totalement délégué la gestion de ce dossier au Burkina et le plan élaboré consistait, entre autres, à ce que le Mali ouvre un couloir sur son territoire pour permettre d'acheminer les otages.
Depuis plusieurs mois donc, les négociations ont été très discrètes. La semaine dernière, le Malien qui avait organisé la capture des otages il y a près de 9 mois en Mauritanie et qui avait ensuite été arrêté, ce Malien proche d'al-Qaïda a été extradé de Nouakchott vers Bamako. Un geste qui certainement a facilité le dénouement et pesé dans la libération des deux Espagnols.
Les précédentes affaires d'otages dans la région |
Début novembre 2009, l’armée mauritanienne organise le premier voyage de presse de son histoire pour montrer le dispositif sécuritaire mis en place dans l’Adrar et inciter les touristes à revenir. Trois semaines plus tard, al-Qaïda frappe fort en enlevant trois humanitaires espagnols sur l’axe le plus fréquenté du pays, à cent soixante-dix kilomètres de la capitale. Le 18 décembre, c’est au tour d’un couple d’Italiens d’être kidnappé au sud près de la frontière malienne. Alicia Gamez, une des otages espagnols, est libérée en mars 2010, les deux Italiens en avril. Pour Albert Vilalta et Roque Pascual, l’attente sera beaucoup plus longue. Au début de ce mois d’août, à plus de huit mois de détention, ils décrochent le triste record de la plus longue captivité pour des otages dans le Sahel. Il semble que ce soit l’extradition d’Omar le Sahraoui vers le Mali lundi dernier qui ait permis d’accélérer leur libération. Le 21 juillet dernier, Omar le Sahraoui avait été condamné à douze ans de prison pour avoir organisé et participé à l’enlèvement des Espagnols pour le compte de Belmokhtar, un des chefs d’al-Qaïda dans la région. Curieusement, le parquet avait d’abord requis la perpétuité avant de demander quinze ans. Après un très rapide procès en appel et la confirmation de sa peine, l’homme était extradé lundi dernier vers le Mali. Un pays qui avait accepté en février dernier de libérer quatre prisonniers en échange du Français Pierre Camatte. Si la Mauritanie a, elle, toujours refusé un quelconque échange, elle a dans le cas de Sahraoui coopéré avec son voisin. Il est fort probable que Belmokhtar ait, en plus d’une rançon, exigé son homme de main. Son arrivée au Mali et la perspective d’une possible libération pourraient avoir permis aux négociations d’aboutir. |

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