Tensions entre Rabat et Madrid

Alfredo Perez Rubalcaba, ministre espagnol de l'Intérieur.
© Photo: Susana Vera/ Reuters

Le ministre espagnol de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, rencontrera, lundi 23 août à Rabat son homologue marocain, Taieb Cherkaoui, afin d’apaiser les tensions entre les deux pays concernant les enclaves de Melilla et Ceuta. Depuis un mois, les incidents se sont multipliés à la frontière des deux villes. Alors que le gouvernement socialiste espagnol a réaffirmé la relation cordiale entre les deux pays, l'ancien chef de gouvernement conservateur José-Maria Aznar a, lui, dénoncé le « harcèlement du Maroc ». 

Au Maroc, les autorités sont très mécontentes des policiers espagnols. Elles les accusent de dérives racistes envers des ressortissants marocains et des migrants africains. Selon la presse marocaine, depuis la mi-juillet, plusieurs jeunes marocains ont subi de mauvais traitements de la part des forces de sécurité espagnoles dans les enclaves de Melilla et Ceuta.

Par ailleurs, Rabat accuse la garde civile espagnole d’avoir abandonné huit immigrés sub-sahariens près des côtes marocaines, dans un état de santé critique. En réaction aux actions de la police espagnole, des militants marocains ont bloqué à deux reprises l’entrée de camions de produits frais à Melilla.

Rabat a ouvertement manifesté sa forte indignation, et s’est également étonné que le gouvernement de Madrid n’ait pas officiellement répondu à ses demandes répétées d’explications. La semaine passée, pourtant, le gouvernement de Luis Zapatero s‘est dit prêt à clarifier, dialoguer et informer sur ces cas d’agression.

Le roi d’Espagne en personne s’est entretenu avec le souverain marocain Mohammed VI. Les deux hommes ont convenu que les bonnes relations entre les deux pays ne devaient pas être affectées par « des malentendus ».

Mais en Espagne, certains profitent de ce climat de tension. L’ancien chef de gouvernement conservateur, José-Maria Azenar, qui s’est rendu la semaine dernière à Melilla, a déclaré que l’enclave était laissée à l’abandon face au « harcèlement du Maroc ».
 

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