L’ONU scandalisée par les viols massifs dans l'est de la RD Congo

Deux jeunes mineures congolaises victimes de viol, accompagnées par leur avocate (C) à l'hôpital de Panzi Bukayu, dans l'est de la RDC en 2009.
© AFP / Adia Tshipuku

Ban Ki-moon, le secrétaire général de l'ONU a décidé d'envoyer dans l’est de la République démocratique du Congo l’un de ses plus hauts représentants, Atul Khare, numéro deux du département de maintien de la paix et de la sécurité qui enquêtera notamment sur le viol d'au moins 179 femmes.Ces crimes sexuels ont été commis en quelques jours dans la région de Walikale, au Nord-Kivu par des miliciens Maï-Maï et des rebelles FDLR.

« Le Congo est la capitale mondiale du viol », avait déclaré en avril, Margot Wallstrom, représentante de l'ONU pour la violence sexuelle dans les conflits. Pour le seul premier trimestre 2010, le HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés), parle d'au moins 1 200 femmes victimes, soit 14 viols par jour en moyenne.

Les atrocités commises autour de Walikale ne sont pas surprenantes. Au Congo, 60% des viols sont commis par des groupes armés, or la région connaît une recrudescence des attaques des rebelles FDLR (Forces démocratiques de libération du Rwanda) depuis juillet.

Selon l'Observatoire international de l'usage du viol, comme tactique de guerre, les crimes sexuels servent de récompense pour les miliciens. Programmés, ils visent aussi à détruire l'individu et sa communauté entière. Les victimes sont généralement stigmatisées, abandonnées. Les liens sociaux sont alors détruits et les individus dispersés.

La communauté internationale a plusieurs fois fait part de son indignation. En 2008, l'ONU avait officiellement qualifié les viols, d'arme de guerre. En visite dans la région l'an dernier, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait décrit les viols comme le mal à l'état pur. Pourtant, le phénomène n'a pas régressé.

Cette énième visite d'un haut responsable de l'ONU changera-t-elle la donne ? Sur place, la société civile salue l'initiative, mais demande du concret. De son côté, le département paix et sécurité des Nations-unies indique que ses militaires ne peuvent pas être partout, et que c'est d'abord au Congo, Etat souverain, d'arrêter les coupables.

A voir : The Greatest Silence, Rape in the Congo

 

Voir également le reportage de France 24 sur ce sujet sur votre Ipad

 

 

 

 

 

 

Republier ce contenu

Vous êtes libres de republier gratuitement cet article sur votre site internet. Nous vous demandons de suivre ces Règles de base

Le Partenaire s'engage à ne pas porter atteinte au droit moral des journalistes. A ce titre, le Contenu devra être reproduit et représenté par le Partenaire tel qu'il a été mis à disposition par RFI, sans modifications, coupures, ajouts, incrustations, altérations, réductions ou insertions

Ajoutez cet article à votre site Web en copiant le code ci-dessous.