CPI / Kenya / Soudan - 
Article publié le : vendredi 27 août 2010 - Dernière modification le : samedi 28 août 2010

Nouveau pied-de-nez d'Omar el-Béchir envers la Cour pénale internationale

Omar el-Béchir (D) et le président rwandais, Paul Kagamé, à Nairobi le 27 août 2010.
Omar el-Béchir (D) et le président rwandais, Paul Kagamé, à Nairobi le 27 août 2010.
REUTERS/ Noor Khamis

Par RFI

Poursuivi pour génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI), le président du Soudan, Omar el-Béchir, s'est rendu au Kenya pour la cérémonie de promulgation de la nouvelle constitution du pays. Cette visite éclair a provoqué de nombreuses réactions contre le Kenya.

Le président Béchir avait été invité par le Kenya à la cérémonie de promulgation de la nouvelle Constitution du pays, adoptée par référendum le 4 août dernier.

Promulgation de la Constitution en présence du président soudanais Omar el-Béchir

Tous les regards se sont focalisés sur la présence d'Omar el-Béchir dont l'invitation avait été soigneusement tenue secrète par le gouvernement kenyan.

 

26/08/2010 par Stéphanie Braquehais

Ayant ratifié le statut de Rome, traité fondateur de la CPI, le Kenya était normalement dans l'obligation d'appréhender le président soudanais qui fait l'objet de deux mandats d'arrêt pour génocide, crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Pour faire face à cette situation, les juges de la cour ont rendu deux décisions, demandant au Conseil de sécurité des Nations unies ainsi qu'à l'assemblée des Etats ayant ratifié le statut de Rome « de prendre toutes mesures adéquates » contre le Kenya et le Tchad où Omar el-Béchir a séjourné récemment.

Fadi el-Abdallah est l'un des porte-parole de la CPI :

Fadi-el Abdallah, porte-parole de la CPI

Il faut que chaque Etat respecte les obligations internationales qui lui incombent.

 

26/08/2010 par Boniface Vignon

A Nairobi, le directeur exécutif de la « Law Society of Kenya  » a estimé que la présence du président soudanais sur le sol kényan, le jour même où était promulguée la nouvelle constitution, était choquante. 

Appolo Mboya, directeur exécutif de la « Law Society of Kenya »

Je suis choqué. Je le suis d'autant plus que la constitution qui vient d'être promulguée affirme les principes de respect des droits de l'homme, de transparence, d'intégrité.

 

27/08/2010 par Sébastien Nemeth

De son côté, la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a demandé à Nairobi de « respecter ses obligations » en arrêtant le président soudanais, Omar el-Béchir, sous le coup de deux mandats d'arrêt. 

Dans un communiqué de la Maison Blanche, le président américain, Barack Obama, s'est déclaré « déçu » que le Kenya ait reçu le président soudanais, « au mépris des mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale ».

 

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