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Article publié le : samedi 28 août 2010 - Dernière modification le : samedi 28 août 2010

L'exécution de quatre officiers confirmée en Guinée Equatoriale

Malabo, la capitale de la Guinée Equatoriale.
Malabo, la capitale de la Guinée Equatoriale.
(Wikipédia)

Par RFI

Les autorités de Malabo en Guinée Equatoriale ont confirmé l'exécution de quatre officiers équatoguinéens impliqués dans le coup de force du 19 février 2009. Les quatre hommes avaient été condamnés à la peine de mort. Des exécutions qui s'inscrivent dans la triste tradition de violence qui règne en Guinée Equatoriale depuis l'Indépendance.

Tout a commencé par une mystérieuse attaque venue de la mer, contre le Palais Présidentiel à Malabo, le 19 février 2009. Les faits sont restés confus et mystérieux, à l'image des commanditaires. Un procès a suivi pour dix-sept accusés dont sept nigérians et dix équatoguinéens. Certains d'entre eux auraient été membres du parti d'opposition Union Populaire.

Des experts des Nations unies ont dénoncé « le manque de transparence flagrant » de la procédure. Les accusés n'ont pas eu la possibilité de faire appel. Quatre d'entre eux, condamnés à la peine de mort, ont immédiatement été exécutés le 21 août dernier.

Une série régulière de complots et de procès

Sur les sept nigérians arrêtés, deux sont morts en détention. Les cinq autres ont été condamnés à douze ans de prison. D'autres peines ont été prononcées, allant jusqu'à vingt ans de réclusion.

Cette affaire est la dernière d'une série régulière de complots et de procès. Le plus retentissant ayant été celui du coup d'état de 2004, avec pour principale tête d'affiche le Britannique Simon Mann et le Sud-Africain Nick Du Toit, tous deux grâciés après avoir purgé quelques années seulement de prison.

Sous la pression des défenseurs des droits de l'homme

Ce dernier procès, beaucoup moins médiatisé, se termine donc dans le sang et confirme les méthodes appliquées par le président Obiang Nguema pour se maintenir au pouvoir depuis son propre coup d'état, en août 1979.

En juin dernier, sous la pression des défenseurs des droits de l'homme, l'UNESCO avait suspendu l'attribution du Prix Obiang Nguema. Un prix visant à récompenser des travaux scientifiques qui se sont traduits par « une amélioration de la qualité de la vie humaine. »

L'union populaire annonce une manifestation pour le 1er septembre

Les quatre officiers équatoguinéens « ont été exécutés en raison du danger immédiat qu'ils constituaient pour moi, ma famille et mon gouvernement », a déclaré le président Teodoro Obiang Nguema. C'est l'organisation Amnesty international qui avait révélé l'information, il y a huit jours. L'Union Populaire, dont deux membres ont été condamnés à plus de vingt ans de prison dans la même affaire, a réuni son comité exécutif national ce samedi 28 août 2010, et a décidé de manifester, sous réserve d'autorisation, mercredi prochain, pour protester contre l'attitude du président Teodoro Obiang Nguema. Alfredo Mitogo Mitogo, porte-parole de l'Union Populaire a répondu aux questions de RFI.

Alfredo Mitogo Mitogo : « Ce n’est pas la première fois qu’il [le président Nguema, NDLR] fait un geste comme cela, ce sont des choses qui ne vont pas avec les accords qu’on a eu à signer plus de quatre fois avec le gouvernement du pays. Donc nous ne sommes pas contents, nous ne sommes pas de son côté et on demande l’aide de la Communauté internationale, et aux autres partis de la République de la Guinée Equatoriale, pour nous soutenir dans ce positionnement là, parce que sans ça, on risque de perdre nous tous la vie. »

RFI : Concrètement, qu’est ce que vous avez décidé ce week-end au sein de votre parti ? Comment allez-vous protester ?

Alfredo Mitogo Mitogo : « On va faire une manifestation pacifique mercredi de la semaine prochaine [1er septembre 2010], puisque le décret vient de sortir, annonçant que ce sera le jour d’ouverture de l’Assemblée nationale. »

RFI : Et si la manifestation est interdite ?

Alfredo Mitogo Mitogo : « Si la manifestation est interdite, on va donc continuer à solliciter, on n'est pas des militaires, on n’a pas d'autres moyens, nous on parle et on envoit des lettres, en communiquant notre façon de penser, et ce qu’on croit qu’on peut faire pour améliorer la situation. »

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