Arrestation et limogeage du chef d’état-major de l’armée des Comores


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Le général Salimou Amiri a été mis en cause par la justice comorienne pour son rôle présumé dans l'assassinat d'un haut gradé en juin dernier. Il a été arrêté mardi 31 août 2010 et placé en résidence surveillée.

La situation reste calme à Moroni, au lendemain du renvoi du chef d'Etat major de l'armée. Il n’y a pas de déploiement militaire exceptionnel, selon le correspondant de l'AFP sur place.


Le général Salimou Amiri s'était rendu mardi matin au Tribunal de Moroni pour y être entendu dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat du colonel Ayoumba Combo il y a trois mois. C’est à l’issue de son audition qu’il s'est vu signifié son inculpation et son placement en résidence surveillée. Dans un premier temps, le général Amiri a refusé d'être mis aux arrêts et s'est réfugié dans une école militaire mais pas pour longtemps. Il a fini par accepter la décision de la justice, une reddition en quelque sorte. Ce qui pour l’instant fait éviter au pays une nouvelle crise.

Selon des témoins joints à Moroni par RFI, la situation est normale dans la capitale de l’Union des Comores. Le ministère de la Défense avait annoncé mardi avoir placé les forces de sécurité en « alerte maximum ». Des militaires ont même été déployés dans la nuit de mardi à mercredi devant l’entrée du quartier général de l’armée. Ce dispositif semble avoir été retiré ce mercredi matin.

L’inculpation du général Amiri pour « complicité d’assassinat » intervient après plusieurs mois de tensions entre le pouvoir du président Ahmed Abdallah Sambi et l’armée. Mais le limogeage du général Salimou Amiri et son remplacement par Gamil Soilihi Abdallah semblent pour l’instant avoir été acceptés. La nomination du capitaine Soilihi Abadallah à la tête de l’état-major lui a valu au passage une promotion. L’armée comorienne qui compte environ 2 000 hommes est désormais dirigée par un lieutenant-colonel.

Petit archipel pauvre de l'océan Indien avec une population estimée à 700 000 habitants, les Comores ont connu depuis l'indépendance en 1975 une vingtaine de coups d'Etat ou tentatives, menés notamment par le mercenaire français Bob Denard.