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Le Rwanda se dit prêt à retirer ses troupes des missions de la paix

Le général rwandais Patrick Nyamvumba, commandant de la force de la mission des Nations Unies et de l'Union africaine au Darfour (Unamid), à El-Fasher, à l'ouest du Darfour, le 22 juin 2010 .
© AFP / Unamid / Albert Gonzales Farran

L'armée rwandaise est prête à quitter d'urgence le Soudan si l'ONU publie le rapport accusant Kigali d'« actes de génocide », commis en 1996 et 1997 dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC). Révélé par Le Monde, ce rapport n'a pas encore été rendu public par New York. Kigali tente d'obtenir son retrait et menace de rappeler ses soldats, engagés dans les missions de la paix au Soudan. 

Le Rwanda ne mâche pas ses mots : soit l’ONU renonce à publier ce rapport du Haut commissariat aux droits de l’homme (HCDH), soit Kigali retire le plus rapidement possible ses soldats engagés dans les forces de maintien de la paix de l’ONU. Au cours d'une conférence de presse organisée mardi 31 août à Kigali, la ministre des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo, a estimé que si l’ONU accuse l’armée rwandaise de génocide, elle « doit être prête à trouver une autre armée pour faire ce que nous faisons au Soudan », avant d'ajouter « on ne peut pas accuser notre armée de pourchasser des civils sur la base de leur ethnie (...) et demander à cette même armée d'être une force morale et disciplinée pour protéger les civils dans le monde. »

Un rapport très sensible

Les pressions de Kigali s'avèrent fort gênantes pour l’ONU, qui peine à trouver des casques bleues pour ses nombreuses mission- de maintien de la paix. Or le Rwanda a mis à disposition 3 550 hommes au Darfour et dans le reste du Soudan. Mais le rapport en question est très sensible. Selon une version non finalisée du rapport, diffusée par Le Monde avant sa publication officielle, le Rwanda est accusé de s’être livré à des crimes de guerre et à des faits de génocide dans l’ex-Zaïre, entre 1996 et 1998, sur des réfugiés rwandais hutus.

Conduire les coupables en justice

Dans une lettre adressée début août au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon, la ministre rwandaise des Affaires étrangères indiquait que la publication du rapport pourrait déstabiliser la région. Pour Reed Brody, militant de l’organisation Human Rights Watch, et qui en 1996 a enquêté pour les Nations Unies en République démocratique du Congo, ce rapport doit, au contraire, servir d’argument pour conduire les coupables en justice. Selon lui, si ces massacres à grande échelle ne sont pas punis, alors la région sera condamnée à vivre de nouvelles atrocités.

Le secrétaire général n'a jamais fait pression sur le Haut commissaire pour changer le texte.

Rupert Colville, porte-parole du Haut commissariat aux droits de l'Homme des Nations Unies
01-09-2010

 

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