Violentes manifestations contre la vie chère dans la capitale du Mozambique

Un manifestant dresse une barricade de pneus enflammés, à Maputo, ce mercredi 1er septembre 2010.
© REUTERS/Grant Lee Neuenburg

Des centaines de Mozambicains ont observé ce mercredi 1er septembre 2010 à Maputo une journée de grève contre la hausse des prix du pain, de l'eau, mais aussi du gasoil et de l'électricité. Des vitrines et des voitures ont été abîmées. La police a tenté de disperser les manifestants à coups de balles en «caoutchouc». Il y a eu plusieurs morts et des dizaines de blessés.

Ils ont protesté contre la hausse des prix, des pneus et des voitures brûlées, des vitrines cassées. Cela s’est passé ce mercredi 1er septembre à Maputo. Des centaines de Mozambicains en colère sont sortis dans les rues au matin, bloquant les routes allant vers l'aéroport de la capitale.

A la mi-journée, il y avait encore beaucoup de monde dans les rues. Des noyaux de police se déplaçaient vers l’aéroport. Les manifestations avaient commencé vers 8 heures locales (10h Temps universel). Ce sont les quartiers de Matola, Mafalala, Maxaquene et Infulene, la banlieue pauvre de Maputo, qui se sont embrasés.

Les manifestants ont bloqué, en brûlant des pneus et en renversant des conteneurs. La principale sortie de la ville, la route nationale 1, est impraticable. Vers 10 heures, la police a ouvert le feu sur la foule. Un enfant de douze ans a reçu une balle dans la tête, alors qu’il rentrait de l’école. Deux casseurs auraient aussi été abattus. Et la Croix-Rouge, quant à elle, a évacué une cinquantaine de blessés.

La foule en colère hurlait contre le président de la République : « Guebuza  quitte le gouvernement ! ». Et, les manifestants réclamaient le retour de l’ancien président Chissano. Des gens se tapaient le ventre pour montrer leur estomac vide.

Mécontentement provoqué par l’explosion des prix

Les manifestants protestaient contre la hausse des prix des denrées de base. Depuis deux mois, on assiste à une véritable flambée des prix. A partir de ce mercredi, l’eau et l’électricité augmentent. La semaine prochaine, ce sera le pain de 250 grammes qui va passer de 5 à 7 meticais.

L’électricité va connaître une hausse de plus de 13%. Déjà, début août, les carburants avaient augmenté de 8%. Le gouvernement cesse, petit à petit, de subventionner l’essence. Et pour finir, la monnaie locale, le metical (MT), a perdu beaucoup de valeur en quelques mois. En juin, un euro valait 40 MT. Aujourd’hui, il en faut 50 MT pour 1 euro.

Les prix de produits de première nécessité ont donc explosé. Un sac de riz de 25 kilos vaut maintenant 2 000 MT, soit 40 euros. C’est un investissement quasi inabordable dans un pays ou environ 90% de la population vit avec moins de 2 euros par jour. 

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