Fin de l'état de grâce pour les Zimbabwéens réfugiés en Afrique du Sud

Des réfugiés zimbabwéens devant l'église méthodiste centrale de Johannesburg.
© AFP/Lionel Healing

Le gouvernement sud-africain a décidé de dénoncer à la fin de l'année un accord avec  le pays voisin. Un accord entré en vigueur en avril 2009, lorsque le Zimbabwe de Robert Mugabe, en pleine crise économique et politique, permettait aux Zimbabwéens d'entrer en Afrique du Sud sans papiers adéquats. Désormais, les réfugiés doivent régulariser leur présence, sinon, ils seront renvoyés à la frontière à partir du 31 décembre 2010. Ces nouvelles mesures inquiètent les organisations de défense des droits de l'homme et de protection des migrants. Tous craignent des expulsions en masse alors que beaucoup de réfugiés sont déjà dans des situations très précaires.

En plein centre-ville de Johannesburg, près de 1 500 réfugiés, en majorité Zimbabwéens, dorment toujours dans une église méthodiste. Son évêque a accueilli dans sa paroisse depuis plusieurs années des milliers de migrants venus de l’Etat voisin.

Chaque jour des Zimbabwéens sans ressources continuent d’arriver dans la cité de l’or en rêvant d’une vie meilleure. Alors le prêtre s’inquiète des nouvelles mesures du gouvernement : « d’abord je pense que cela permet de justifier des comportements xénophobes dans ce pays. Il y a toute une frange de la population qui subit systématiquement un lavage de cerveau. On fait croire que le pays doit être nettoyé de tous ces étrangers. Alors les Sud-Africains vont devenir de plus en plus intolérants et puis l’un des problèmes les plus importants pour les étrangers, c’est la régularisation. Malheureusement, le ministère de l’Intérieur n’est connu que pour sa corruption et son inefficacité. Je pense qu’il va y avoir des réactions massives de la part de la police un peu partout. Maintenant je m’interroge une fois que les étrangers seront partis qui viendra après ? »

Aucun chiffre officiel ne permet d’évaluer le nombre des Zimbabwéens qui vivent illégalement en Afrique du Sud. Mais les organisations d’aide humanitaire estiment qu’ils seraient près d’un million et demi à devoir être expulsés à partir du 31 décembre.