La justice française refuse l’extradition d’un médecin rwandais


©

La Cour d’appel de Versailles à émis ce mercredi 15 septembre 2010 un avis défavorable concernant l’extradition d’ Eugène Rwamucyo, un médecin rwandais soupçonné d’être impliqué dans le génocide des Tutsis en 1994. La justice française a également décidé de sa remise en liberté.

En vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par le Rwanda en 2007, Eugène Rwamucyo, agé de 51 ans, a été interpellé en mai dernier lors d’une cérémonie d'obsèques à Sannois, en région parisienne. Kigali l’accuse d’avoir participé à des réunions de responsables génocidaires de Butare (au sud du Rwanda) en 1994. Une information judicaire a également été ouverte à Paris en 2008 pour génocide, crime contre l’humanité et complicité, cette fois après une plainte du Collectif des parties civiles pour le Rwanda (CPCR).

Selon l’ONU, entre avril et juillet 1994, environ 800 000 Tutsis et Hutus modérés ont été tués durant le génocide. « C'est un soulagement car c'est un dossier très politique et donc, c'est la victoire du droit sur la politique », a déclaré Maître Philippe Meilhac, l'avocat d’Eugène Rwamucyo, qui explique cette décision, assortie d’une mise en liberté, par l’absence de garanties des droits de son client au Rwanda.

Cette décision ne constitue pas une première. La justice française a récemment rejeté trois demandes d’extradition vers Kigali de Rwandais, soupçonnés eux aussi d’avoir pris part au génocide. Le manque de garanties accordées à la défense devant la justice rwandaise a de même été invoqué.

Toutefois, d’autres procédures d’extradition sont engagées par le Rwanda contre des présumés génocidaires rwandais, présents sur le sol français. Ainsi, le 7 octobre prochain, la chambre d’instruction de Bordeaux doit se prononcer sur la demande d’extradition à l’encontre de Sosthène Munyemanan, un autre médecin rwandais accusé d'avoir participé au génocide de 1994.