Somalie : faute de salaires et de nourriture les troupes régulières font défection


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Pendant l'offensive du ramadan par les shabab à Mogadiscio, de nombreuses positions ont été abandonnées par les troupes du gouvernement de transition. Les islamistes modérés d'al-Sunnah, alliés de l'armée gouvernementale, ont également délaissé certaines zones. L’absence de salaires, ou au mieux, une solde irrégulière, explique ces défections.  

Ahmed a 44 ans. Il combat depuis deux ans au côté du gouvernement de transition. Il est actuellement positionné dans le quartier de Bondere, tout près de la Villa Somalia, qui pendant l’offensive des shebbab a été une cible privilégiée. « Notre gouvernement a fait beaucoup d’erreurs. On a été obligé de se retirer de beaucoup de nos positions. Le vrai problème, c’est qu’il faudrait qu’on touche nos salaires ».

Les 100 dollars qu’il serait censé recevoir tous les mois, il ne les a touchés qu’à trois reprises depuis un an. Ahmed se sent vieux. Il voudrait arrêter de se battre « Je voudrais changer de profession. Par exemple, devenir commerçant comme mon frère. Je me sens vieux… Je voudrais me marier, avoir une vie normale ».

L'Amisom contrainte de combler les vides

Le colonel Abdulaye Osmane Agey, ancien officier sous Siad Barré, ne cache pas que cette question des salaires est une des clefs du problème : « Les soldats ne reçoivent pas de salaires, pas assez de nourriture. C’est vraiment le problème. Ils ne sont pas assez nombreux, ils ne sont pas organisés, certains rentrent chez eux. Ils abandonnent les lignes et l’ennemi attaque ».

Le colonel et ses hommes tiennent l’une des positions les plus à l’ouest de la ville, avec la Mission de l’Union africaine en Somalie (Amisom). Un partenariat plutôt rare à Mogadiscio, où les troupes de l’Amisom ont été contraintes de combler les vides laissés par les troupes gouvernementales durant l’offensive du mois dernier.