Al-Qaïda au Maghreb islamique revendique le rapt des sept otages au Niger

Brice Hortefeux, ministre français de l'Intérieur, le 9 aoüt 2010
© Reuters / Jacky Naegelen

Les 7 otages sont très vraisemblablement au Mali, c'est ce qu'a annoncé le ministre français de l'Intérieur en déplacement à Bamako le 21 septembre. Brice Hortefeux qui a refusé de commenter l'hypothèse d'une opération militaire pour libérer les otages, a confirmé l'implication d’al-Qaïda au Maghreb islamique. Côté français, on dit ne pas être surpris par la revendication formulée par al-Qaïda qui reconnaît avoir capturé les 7 employés des groupes français Areva et Satom au Niger. Dès le départ, Paris soupçonnait la branche sahélienne de l’organisation islamique d'être derrière ces enlèvements. Selon la chaîne Al-Jazira l'opération a été dirigée par un islamiste algérien.

Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères et européennes
22-09-2010

La méthode quasiment la même est désormais bien rodée : toujours une cassette envoyée à la chaîne de télévision Al-Jazira. Dans le message lu par son porte-parole, identifié comme Salah Abi Mohammed, al-Qaïda au Maghreb islamique revendique le rapt, et « informe le gouvernement français que les moudjahidine vont lui transmettre ultérieurement leurs demandes légitimes ».

Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur de l'Outre-Mer et des Collectivités territoriales
22-09-2010

« Nous mettons également en garde contre toute autre stupidité » ajoute le porte-parole, allusion à l'armée française qui est engagée dans une large opération de recherche au Niger. Puis le porte-parole de l'Aqmi précise : « Suite à la promesse d'une riposte faite par son émir Abou Moussab, un groupe de moudjahidine héroïques a réussi, sous la conduite de cheikh Abou Zeid, à pénétrer sur le site minier français d'Arlit, en dépit des strictes mesures militaires et des multiples barrages de sécurité ». Dénommés les « lions de l'islam », ils ont ainsi réussi à « déjouer tous les dispositifs de surveillance ».

Les conséquences de la prise d'otages sur les activités à Arlit
22-09-2010

Aussitôt la diffusion de ce message, le ministère français des Affaires étrangères a indiqué qu'il était en train de vérifier l'information. Mais plus tôt dans la journée, le porte-parole du gouvernement nigérien avait déjà assuré que les otages étaient désormais retenus dans le nord-est du Mali, dans une zone montagneuse du désert par le même Abdel Hamid Abou Zeid, cet islamiste algérien qui dirige Aqmi au Mali.

Mahaman Laouali Danda, porte-parole du gouvernement nigérien
22-09-2010

Nicolas Sarkozy a réuni pour sa part dans l'après-midi du 21 septembre un conseil restreint sur ce dossier. Le ministre de l'Intérieur, Brice Hortefeux, s’est envolé dans la soirée pour le Mali, un déplacement prévu de longue date dont il profitera pour faire le point sur la crise avec les autorités locales.

 

le gouvernement est pleinement mobilisé, totalement mobilisé pour retrouver nos otages, retrouver les sept personnes au total qui ont été enlevés. Ça veut dire que nous coopérons avec les États de la région.

Luc Chatel, ministre de l'Éducation nationale et porte-parole du gouvernement
22-09-2010

Les objectifs du dispositif français

La stratégie de Paris vise deux objectifs : empêcher les ravisseurs de communiquer avec les bases de leur mouvement et réduire leur déplacement, les empêcher de bouger. La centaine d'hommes du commandement des opérations spéciales déployés au Niger se relaient pour mener des vols de reconnaissance aérienne.

Les militaires français disposent de trois Bréguets atlantique et d’un mirage F1 qui sillonnent la région sahélienne pour tenter de repérer les preneurs d'otages et détecter leurs communications téléphoniques ou radio. C'est évidemment une pression sur les ravisseurs qui savent qu'ils sont traqués et repérables, y compris s'ils veulent circuler de nuit.

Pour l'instant il n'y a pas d'autre option militaire puisque qu’on ne sait pas dans quel endroit de cet immense désert du Sahara se trouvent les cinq Français et les deux Africains enlevés. « C'est un peu comme chercher une aiguille dans une botte de foin », constate un ancien responsable des services français avant de conclure : « Il faut donc essayer de leur fermer des portes pour avoir une chance de leur tomber dessus ».

C’est dans ce cas de figure que d'autres militaires français du COS (Commandement des opérations spéciales) ont été prépositionnés au Burkina Faso avec d'importants moyens aériens. Pour une éventuelle intervention de libération des otages, ils seront opérationnels immédiatement. Mais rien n'est joué, la France comme le pressent cet ancien responsable des services risque d'« entrer dans une phase très difficile et peu être tres longue ».

 

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