Nouveau meurtre rituel d'un albinos au Burundi


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Les albinos du Burundi sont sous le choc. Il y a un peu plus de 48 heures, un garçon albinos de 8 ans a été tué puis démembré, alors que les autorités pensaient avoir mis fin à ces crimes rituels qui avaient frappé jusqu'ici la province de Ruyigi, frontalière de la Tanzanie. Le président de l'association Albinos sans frontière du Burundi, Kassim Kazungu, exprime la terreur qui anime désormais les albinos et entend agir pour ne plus voir ce genre de crime.

 

Au Burundi, six albinos ont été tués et un septième porté disparu au cours des quatre derniers mois. Chacun des membres de cette communauté vit désormais dans la terreur d’être le prochain sur la liste. Aujourd’hui, des dizaines d’albinos ont fui leurs collines pour les villes où la sécurité est mieux assurée.

Selon Kassim Kazungu président de l’association Albinos sans frontière du Burundi  « il y a au moins 80 albinos qui sont déplacés de chez eux. Ils sont regroupés dans les chefs-lieux de communes et chefs-lieux de provinces».

Mais jusqu’ici, assure le président de l’association des Albinos sans frontière du Burundi, seules quelques associations leur viennent en aide alors que certains responsables administratifs menacent de chasser ces albinos. Kassim Kazungu affirme que « le gouvernement burundais ne fait rien, seulement des promesses et qu'il ne tient pas ».

Après ce nouvel assassinat d’un jeune albinos, un garçon de 8 ans tué à coups de machette puis amputé de ses bras et jambes, Kassim Kazungu ne décolère pas. Il appelle le pouvoir burundais à prendre exemple sur le voisin tanzanien où l’on est parvenu à mettre fin à ces assassinats rituels.

« En Tanzanie, le président lui-même a pris la situation en main. Les albinos de Tanzanie sont mieux traités, dit-il. Alors pourquoi pas chez nous ? Je demande alors au chef de l’Etat d’aider ces albinos. Si nous ne sommes pas les enfants de cette nation qu’on nous renvoie là d’où nous sommes venus ».

Huit personnes accusées au Burundi d'assassinats et tentatives d'assassinats d'albinos ont été condamnées à des peines allant de un an de prison à la perpétuité en juillet 2009.

L'ONG canadienne « Under the same sun » (Sous le même soleil) a dénoncé en mai dernier l'assassinat et la mutilation le 2 mai d'une mère de 28 ans et de son fils de 4 ans, tous deux albinos, dans la commune de Cendajuru, près de la frontière tanzanienne, portant à 14 le nombre d'albinos tués au Burundi depuis septembre 2008. Ces albinos auraient été victimes d'un trafic d'organes vers la Tanzanie voisine où certaines parties de leurs corps serviraient à confectionner des charmes qui apportent la richesse à leurs possesseurs.

De son côté, le chanteur Salif Keita préside l'Association solidarité pour l'insertion des albinos du Mali. La mission de cette structure est de chercher des solutions aux problèmes que rencontrent les albinos dans la société. Son action se fonde sur l'égalité des chances et la solidarité.

Les albinos souffrent d'une maladie génétique caractérisée par une absence de pigmentation de la peau, des poils, des cheveux et des yeux. Ils sont victimes de discriminations dans de nombreuses régions d'Afrique.