Au Sénégal, Karim Wade hérite du portefeuille de l'Energie


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Le Sénégal a un nouveau ministre de l’Energie. Karim Wade, fils du président Abdoulaye Wade, déjà à la tête d’un «super-ministère» qui comprenait la Coopération internationale, l’Aménagement du territoire, le Transport aérien et les Infrastructures, a hérité ce lundi 4 octobre 2010 du portefeuille de l’Energie. Un réaménagement qui intervient en pleine crise énergétique.

La tempête sociale qui a éclaté avec la dernière vague de délestages a donc emporté Samuel Sarr, le désormais ex-ministre de l’Energie. Le limogé sort cependant par une porte dorée : Il devient ministre d’Etat, conseiller financier du président de la République.

Ce jeu de chaises musicales au sein du pouvoir provoque la colère de l’AFP, l’Alliance des Forces de Progrès. Selon Hélène Tine, la porte-parole de ce parti d’opposition, Samuel Sarr devrait en effet d’abord rendre des comptes sur sa gestion du ministère. «Nous ne pouvons pas comprendre, a-t-elle déclaré à RFI, qu’on se lève un beau matin pour dire qu’on l’a nommé ministre d’Etat conseiller financier du président et qu’on donne l’énergie à quelqu’un d’autre. »

... Nous ne pouvons pas comprendre qu'un beau matin on nous dise qu'on a nommé Samuel Sarr, ministre d'Etat et conseiller financier du président Wade et que l'on donne l'énergie au fils du président qui a prouvé son incompétence et son incapacité... Cela montre que le président Wade est plus que jamais accroché à son projet de dévolution monarchique du pouvoir...
Hélène Tine, porte-parole de l'AFP, demande des comptes
16-10-2013 - Par Laurent Correau

Le choix du successeur de Samuel Sarr est l’autre motif de protestation de l’opposition : le président sénégalais a en effet désigné Karim Wade, son fils, déjà à la tête d’un super-ministère qui regroupe la Coopération, le Transport aérien, les Infrastructures et l’Aménagement du territoire. En échange de l’Energie, Karim Wade cède l’Aménagement du territoire à sa collègue des Transports terrestres, la ministre Nafy Diouf Ngom.

La porte-parole du Parti socialiste, Aissata Tall Sall s’interroge sur les raisons qui ont conduit au choix du fils du président. Elle évoque des arrières-pensées liées à la présidentielle de 2012.

Du côté de la majorité présidentielle, le porte-parole adjoint de la «Cap 21», Makhtar Gueye, suggère à l’opposition qu’elle devrait saluer cette mesure, car elle avait -dit-il- demandé le départ de Samuel Sarr. « On est en train d’essayer quelqu’un d’autre qui vient à peine de s’installer, estime le porte-parole, mais de grâce donnons-lui au moins le temps de faire ses preuves ».

Moi je pense que c'est une énorme bouffée d'air frais ! Nous espérons... qu'avec son background et le savoir-faire qu'on lui connaît, nous aurons très rapidement des solutions qui nous permettrons d'avancer vers une stabilisation. Pour être cohérente avec elle-même, l'opposition devrait saluer cette mesure...
Makhtar Gueye se félicite de cette nomination
16-10-2013 - Par Laurent Correau