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Soudan

Abyei où le casse- tête du Sud-Soudan

le second vice-président soudanais Ali Osmane Taha, lors d'une conférence de presse à Khartoum, le 04 octobre 2010.
© Mohamed Nureldin Abdallah / Reuters

Une délégation du Conseil de sécurité doit se rendre à Juba, au Darfour et à Khartoum, avec pour objectif de mettre la pression sur les dirigeants soudanais pour que le référendum sur l'indépendance du Sud-Soudan soit organisé à la date prévue, soit le 9 janvier 2011. Le 4 octobre 2010, Ali Osmane Taha, le second vice-président soudanais a déclaré que le référendum qui doit également porter sur l'avenir de la région d'Abyei, ne pourra se tenir si les questions en suspens n'étaient pas réglées. D'ores et déjà, des représentants des deux camps (nordiste et sudistes) ont entamé des discussions à Addis Abeba. Mais les désaccords sont nombreux.

Première question non résolue : qui aura le droit de vote? La loi référendaire votée en décembre 2009 par le Parlement soudanais ne l'a pas précisé. Résultat: les Misseriya une tribu d'éleveurs arabes qui disposent de droit de pâturages dans le territoire d'Abyei exigent de participer au referendum au même titre que les Ndinkas Ngok, agriculteurs christianisés qui constituent la principale communauté de cette région.

Les Ndinkas sont majoritairement favorables à l’indépendance du Sud-Soudan. Les Misseriyas sont opposés a la sécession. Autre question: celle de la frontière qui pourrait être remise en cause. Dans L'accord de paix global de 2005, Abyei est défini comme les neuf chefferies de Ndinkas Ngok attribuées au kordofan en 1905. Les autorités de Khartoum pourraient exiger que l'on revienne à la frontière nord-sud du 1er janvier 1956, date de l'indépendance.

Enfin, a trois mois du scrutin, nordistes et sudistes qui administrent Abyei n'ont toujours pas réussi à s'entendre pour designer les membres de la commission chargée d'organiser le référendum.

Les représentants des deux camps qui discutent en ce moment à Addis Abeba devront impérativement sortir de l'impasse pour qu'Abyei ne devienne pas (comme le craignent certains observateurs), le « Cachemire d'Afrique », allusion au territoire que se disputent l'inde et le Pakistan.

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