Guinée : la police tire sur des partisans de Cellou Dalein Diallo


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En Guinée, la tension est de nouveau montée à Conakry, théâtre de manifestations depuis ce mardi 19 octobre au matin. L’armée et la police guinéenne se sont déployées dans les rues. On dénombre six blessés parmi les partisans de Cellou Dallein Diallo (Union des forces démocratiques de Guinée UFDG), l’un des deux candidats au second tour de la présidentielle prévue dimanche.

Témoignage d’une habitante qui décrit à RFI ce qui se passait ce mardi à la mi-journée dans la capitale guinéenne :

« Les forces de l’ordre, les militaires sont venus pour éparpiller les gens, jeter des gaz lacrymogènes, retirer les motos, disperser les véhicules, et rentrer même dans les cours. Ils sont en train de tout casser et de jeter du gaz lacrymogène dans les cours. Ils sont en train de tirer pas même en l’air. Pour l’instant, je n’ai pas vu de personne blessée par balles ».

RFI : Le Premier ministre de transition, Jean-Marie Doré, avait déclaré hier à la radio que les forces de l’ordre réprimeraient toute tentative de manifestation. Pourquoi les gens n’ont-ils pas écouté Jean-Marie Doré ?

« Il est difficile d’écouter Jean-Marie Doré parce qu’il a un parti pris ».

RFI : Est-ce que vous irez voter dimanche ?

« Je ne pense pas que les gens pourront voter dans cette ‘merde’-là ».

Cellou Dallein Diallo (Union des forces démocratiques de Guinée UFDG) qui a obtenu 43% des voix le 27 juin face à son principal adversaire, Alpha Condé (leader du Rassemblement du peuple de Guinée –RPG), continue à exiger le départ du président de la Commission électorale nationale indépendante (Céni), Louceny Camara, qu’il accuse d’avoir été mal élu et d’être un proche d’Alpha Condé. Le parti de Cellou Dallein Diallo avait menacé hier lundi de paralyser le pays et d’empêcher la tenue du scrutin si le président de la Céni n’était pas remplacé avant dimanche.