Appels au calme en Guinée


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Des violences ont éclaté ce samedi 23 octobre 2010 en Haute-Guinée, dans l’Est du pays, après les accusations lancées la veille par l’alliance Arc-en-ciel sur l’ « intoxication » de certains de ses militants. Les deux candidats du second tour ont appelé au calme leurs militants. En fin de journée samedi, le président de la transition le général Sékouba Konaté a prononcé une allocution radiotélévisée dans laquelle il a dit son refus des violences ethniques… et il a mis en garde (sans les nommer) les « acteurs de la vie nationale » qui basent leur stratégie électorale sur le chaos et le désordre.

Les violences ont éclaté dans les localités de Siguiri et Kankan (Haute-Guinée) à la suite des accusations lancées vendredi 22 octobre par l’alliance Arc-en-ciel. Les partisans d’Alpha Condé affirmaient que certains de leurs militants avaient été « empoisonnés » ou « intoxiqués » en consommant des boissons et des yaourts lors du meeting de vendredi après-midi. Ces personnes ont été admises dans les hôpitaux de Conakry et les analyses médicales sont en cours. Mais en attendant, en Haute-Guinée, le fief électoral de l’alliance Arc-en-ciel, des jeunes s’en sont pris aux boutiques tenues par des commerçants peuls.

Appels au calme des deux candidats

Alpha Condé appelle au calme
16-10-2013 - Par Laurent Correau

La situation a poussé Alpha Condé à lancer, dans l’après-midi, un appel au calme : «… J’ai lancé un appel à l’ensemble des militants, militantes et sympathisants de l’Arc-en-ciel ; je les ai appelés au calme, à éviter la violence, à éviter d’attaquer les boutiques… nous voulons qu’on aille aux élections le plus rapidement possible, dans la paix et la tranquillité… ».

 

même mise en garde du côté de Cellou Dalein Diallo
16-10-2013 - Par Laurent Correau

Appel au calme également de l’autre candidat du second tour, Cellou Dalein Diallo : «Nous avons demandé à nos partisans de faire preuve de sens de responsabilité, de retenue afin de préserver la paix et l’unité de la nation parce que ceci est très précieux pour nous… Ce qui nous inquiète, c’est la tribalisation excessive du débat et de cette violence».

Sékouba Konaté condamne la violence ethnique...

En fin de soirée, le président de la transition, le général Sékouba Konaté s’adresse à la Nation dans une allocution radiotélévisée. « C’est un homme déçu et frustré que vous avez aujourd’hui devant vous » déclare dès les premiers mots de son discours le président de la transition. Déçu que la démocratie puisse être « un prétexte de violence, de confrontation... Les violences que notre pays enregistre, ajoute le général Konaté, constituent une nouvelle source de préoccupation, car il ne s’agit pas seulement de querelles politiques, mais d’une grave menace qui pèse sur la cohésion sociale et le processus de la transition... Je n’accepterai pas, poursuit-il, que des Guinéens se sentent étrangers chez eux, où soient traqués à cause de leur appartenance ethnique, religieuse ou politique. L’unité de la nation sera préservée à tout prix. »

Sékouba Konaté a expliqué que des enquêtes étaient en cours pour faire la lumière sur les événements de ces derniers jours, et que d’ici là, chacun devait garder son calme. Le président de la transition a promis une « tolérance zéro » pour les délinquants et les auteurs d’actes criminels. « Pas question d’être interpelés à nouveau par la justice nationale et internationale à cause de nouvelles exactions, et d’un autre bain de sang » a averti le général Konaté, bain de sang souhaité selon lui par « certains acteurs de la vie nationale » dont je cite « la stratégie politique et électorale est fondée sur le chaos et le désordre ».

... et prône le respect des libertés fondamentales

Dans ce discours le président de la transition est par ailleurs revenu de manière

L'appel est venu au moment opportun car il est temps pour nous qu'on se comprenne et qu'on se donne la main.
Micro-trottoir suite aux appels au calme lancés
16-10-2013 - Par Laurent Correau
implicite sur les violences commises ces derniers jours par les forces de l’ordre lors de descentes musclées en banlieue de Conakry. Il a dit avoir instruit le chef d’état-major de la gendarmerie et le commandant de la force de sécurisation des élections, la Fossepel, de faire respecter l’autorité de l’Etat « dans le strict respect de la dignité humaine -en particulier des femmes-, dans le respect aussi des libertés fondamentales des citoyens».

Nouvelles violences

Selon des sources médicales, une quarantaine de blessés ont été pris en charge à Siguiri; certains souffriraient de traumatismes crâniens. Il y a également eu, selon ces sources, huit blessés légers soignés à Kankan. Enfin, selon plusieurs témoins le président de l'Observatoire national des droits de l'homme, Aliou Barry, a été violemment frappé par la police ce samedi 23 octobre dans l'après-midi. Selon plusieurs témoins, alors qu'il téléphonait au bord de la route, Aliou Barry aurait été arrêté par les forces de l'ordre puis tabassé. Selon des témoins, la police l'aurait traîné dans un atelier pour continuer à le frapper à coups de crosse. Il a ensuite été conduit au commissariat de Hamdallaye où il a été retenu pendant près d'une heure. Après avoir été relâché, Aliou Barry a immédiatement été conduit à l'hopital Ambroise Paré de Conakry pour y recevoir des soins.