Elections de janvier 2011 en République centrafricaine: l'oppposition renâcle


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L’opposition centrafricaine s'achemine-t-elle vers un boycott des élections présidentielles et législatives de janvier 2011 ? Dans un communiqué, publié mardi 26 octobre 2010, le Collectif des forces du changement, qui regroupe tous les partis d'opposition ainsi que les ex-rebelles, demande la démission du président de la commission électorale le pasteur Binguimalé. La veille, le président François Bozizé déclarait sur RFI que les élections auront bien lieu, que l'opposition le veuille ou non, le 23 janvier prochain.

Pour l'opposition centrafricaine, le processus électoral tel qu'il est mené aujourd'hui, va droit dans le mur. Le président François Bozizé a refusé de faire un nouveau découpage électoral. «Cela crée un vide juridique», explique le Collectif des forces du changement.

Pour éviter un nouveau report des élections, le président Bozizé a décidé d'instaurer le vote manuel. «C'est inacceptable» pour l'opposition. Le code électoral prévoit une liste électorale permanente et informatisée.

Dans un nouveau communiqué, la coalition de l'opposition enfonce le clou et demande la démission du président de la Commission électorale indépendante. Le pasteur Joseph Binguimalé est accusé de tous les maux : incompétence, détournements de fonds. «Il gère la CEI tout seul, il doit démissionner», explique Nicolas Tiangaye. Le porte-parole de la coalition ajoute «nous demandons aussi que l'audit financier sur la CEI soit rendu public et que des sanctions soit prises».

Le Collectif des forces du changement refuse enfin de se plier au changement de calendrier qui vient d'être annoncé quant au dépôt des candidatures. Les partis d'opposition déclarent qu'ils ne déposeront pas la liste de leurs candidats à partir du 28 octobre mais qu'ils le feront à partir du 8 novembre comme c'était prévu. Ils prennent le risque de trouver porte close.