Référendum constitutionnel: les Nigériens aux urnes


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Les Nigériens votent depuis ce dimanche matin 31 octobre, ils doivent adopter la Constitution de la 7e République. C’est la première échéance électorale depuis le coup d’Etat du 18 février dernier qui a renversé le président Tandja. Les militaires ont promis de rendre le pouvoir aux civils au plus vite : l’investiture du prochain chef de l’Etat est prévue pour le 6 avril 2011. En attendant, ce matin dans les bureaux de vote de Niamey, ce n’était pas la grosse affluence et du côté de l’organisation, on a constaté quelques ratés. Reportage sur place à Niamey.

Huit heures ce dimanche matin au centre de Niamey. C’est sous très haute surveillance sécuritaire que le président de la junte Salou Djibo a donné le coup d’envoi de ce référendum en venant voter à l’Hôtel de ville. « Je viens donc d’accomplir mon devoir de citoyen avec l’espoir sincère que la septième République sera pour le Niger un nouveau départ vers la création d’un système démocratique ».

Même si le président Salou Djibo espère une très forte participation à ce référendum, les Nigériens ne se sont pas précipités devant les bureaux de vote et les plus motivés ont parfois eu des déboires en arrivant sur place comme dans le quartier Bukoki : « Oui, j’ai ma carte d’identité mais jusqu’à présent il n’y a ni les membres du bureau de vote, ni qui que ce soit. Il n’y a personne, il n’y a rien. On attend quand même. Je n’ai jamais vu ça ».

En se rendant au siège de la commune 1, confirmation de la confusion et du retard de l’installation électorale : des dizaines d’urnes et d’isoloirs sont entassés en attente d’un véhicule pour les acheminer dans les bureaux.

Et les esprits s’échauffent : « C’est la confusion totale. On est là depuis cinq heures du matin. Voilà ce qui se passe », lance un employé du bureau de vote.

-« On ne trouve pas nos urnes, déplore le responsable du bureau. En tant que président du bureau de vote, je ne les ai pas vues. On m’a dit que quelqu’un les a prises. Comment ? Il y a mon nom. Mon parti politique m’a mandaté pour venir ».

-« Je suis le rapporteur de la Commission et ce que je veux vous dire, c’est que tout simplement, ce que vous constatez actuellement est dû au fait que les véhicules sont partis et on les attend. Dès que les véhicules viennent, ils retournent. Nous n’avons qu’une petite dizaine de véhicules et là encore, pour 154 bureaux. Nous faisons ce que nous pouvons. Je reconnais qu’il y a des problèmes, des dysfonctionnement mais je peux vous dire également que cela va aller en s’améliorant  ».

A la mi-journée, tout est rentré dans l’ordre.