Démantèlement du camp de El-Ayoun : le Maroc dit non à la commission d’enquête

Après le démantèlement du camp sahraoui, des militaires en fouillent les décombres, à El-Ayoun, le 8 novembre 2010.
© Reuters/MAP/Handout

Le Front Polisario a déposé une demande auprès de l’ONU réclamant une commission d’enquête dans le but de faire la lumière sur l’assaut donné le lundi 8 novembre 2010 par les forces de sécurité marocaines contre le camp de El-Ayoun, situé au Sahara occidental. Une demande à laquelle s’oppose le Maroc et qui demeure, pour le moment, sans réponse.

Mohamed Abdelaziz, le chef du Polisario, a sévèrement condamné à Alger la destruction par les forces de sécurité militaires marocaines du camp de El-Ayoun, chef-lieu du Sahara occidental. Ce camp abritait des opposants à la politique du royaume chérifien. L'attaque survenue le lundi 8 novembre, s’est soldée par la mort de 11 personnes, dont 10 parmi les forces de l’ordre marocaines.

Ce démantèlement est intervenu au moment où le Maroc et le Front Polisario se réunissaient à Manhasset, près de New York, pour des discussions informelles sur l’avenir du Sahara occidental. Ces discussions se sont achevées sur un constat de désaccord entre les deux parties. Mohamed Abdelaziz accuse le Maroc d’avoir planifié cette attaque qu’il qualifie « d’acte suicidaire », à la veille de cette troisième réunion informelle, dans le but « d’amener les Sahraouis à se retirer des négociations et prouver ainsi au monde qu’ils ne veulent pas la paix ».

Le Polisario réclame  une commission d’enquête internationale pour faire la lumière sur l’assaut du camp de El-Ayoun. Une demande réitérée par Mohamed Salem Ould Salek, ministre des Affaires étrangères de la République arabe sahraouie démocratique qui qualifie la politique du Maroc dans la région de « nettoyage ethnique », et qui dénonce le silence de la communauté internationale: 

Toute cette guerre se fait contre la population civile sahraouie, désarmée. C’est honteux, surtout que la communauté internationale se tait devant le crime. Nous avons le sentiment que l’ONU renvoie le Maroc et la population de El-Ayoun dos à dos.

Mohamed Salem ould Salek
11-11-2010

En revanche, Khalid Naciri, le ministre de la Communication du Maroc dit un non catégorique à la requête du Polisario pour la constitution de cette commission d'enquête internationale.

Le Maroc est un État organisé. Ce n’est pas une bande de voyous comme ceux qui sont en train de gérer Tindouf

Khalid Naciri
11-11-2010

 

Par  ailleurs, une autre demande du Front Polisario auprès du secrétaire général des Nations unies réclamant l'envoi d'une mission de l'ONU pour la protection des civils est restèe sans réponse.

Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental a été annexé au Maroc en 1975. Pour sa part, le Front Polisario, mouvement de résistance qui milite pour l'indépendance du territoire, attend un référendum sous l'égide de l'ONU. Ce référendum laisserait le choix aux Sahraouis entre trois options : indépendance ou autonomie, sous souveraineté marocaine ou rattachement au Maroc. Mais le Maroc rejette toute idée d’indépendance, ne retenant que l’option d’une autonomie sous sa souveraineté. 

 

 

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