Le Maroc verrouille l’entrée du camp sahraoui de El-Ayoun

Photo du camp El-Ayoun prise de l'avion transportant les journalistes espagnols.
© AFP PHOTO/ DESIREE MARTIN

Cinq jours après le démantèlement d'un campement de contestataires sahraouis à El-Ayoun et les violentes émeutes qui ont suivi, le bilan continue de s’alourdir. Selon les derniers chiffres officiels il y aurait eu douze morts dont dix dans les rangs des policiers marocains. Alors que front Polisario avance le chiffre de onze civils tués. Des informations impossibles à vérifier, tant l’accès à la ville est difficile même pour les journalistes.

A El-Ayoun, les magasins et les administrations ont rouvert. Mais selon plusieurs sources jointes sur place, la ville est toujours sous haute surveillance, quadrillée par l’armée et la police. Tous les points d’accès sont également passés au peigne fin. Chaque bus est désormais contrôlé à l’entrée d’El-Ayoun, car depuis que trois journalistes espagnols ont réussi à gagner la ville par la route, les autorités ont redoublé de vigilance. Elles veulent éviter au maximum l’arrivée non contrôlée de journalistes étrangers.

Depuis le lundi 8 novembre, une douzaine de correspondants, espagnols pour la plupart, se font ainsi systématiquement refouler quand ils tentent de se rendre à El-Ayoun. Le vendredi 12 novembre, les trois seuls qui ont réussi à atteindre la capitale du Sahara occidental, se sont vus expulser, accusés d’avoir fourni une fausse identité.

A ce jour, seul deux journalistes étrangers des quotidiens français Le Monde et Le Figaro ont été autorisés à se rendre sur place. Des restrictions qui font preuve de la nervosité des autorités marocaines, qui veulent garder à tout prix, le contrôle sur la couverture de ce démantèlement et des émeutes qui ont suivi lundi dernier, les plus graves depuis ces trente-cinq dernières années.

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La diplomatie espagnole est d'ordinaire très prudente à l'égard du Maroc. Mais cette fois-ci, le ton est monté d'un cran. C'est un message chargé de reproches que Trinidad Jimenez, la toute nouvelle ministre des Affaires étrangères, a adressé aux autorités de Rabat. Des reproches concernant « la violence employée par les forces de l'ordre marocaines au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole ».

La ministre a été plus précise, se solidarisant avec les victimes sahraouies, et  exigeant de Rabat des explications à propos de Babi Mahmoud el Guerguar, un Sahraoui de nationalité espagnole. « Les circonstances de sa mort doivent être éclaircies le plus rapidement possible », a déclaré Trinidad Jimenez.

Pour autant, la diplomatie espagnole n'a pas été jusqu'à condamner les événements au Sahara occidental. Et cela pour d'évidentes raisons de bon voisinage. La ministre Jimenez, tout comme le chef de gouvernement Zapatero, ont rappelé à quel point la relation bilatérale avec le Maroc leur est précieuse, tant pour la lutte antiterroriste, les relations commerciales ou encore, le contrôle de l'immigration clandestine.

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